L’incubateur de projets soutient les projets régionaux

Baptiste Soler est chargé de mission incubateur de projets au sein de l’équipe nationale. À quoi ça sert ? Quel est son rôle ? Il a répondu à toutes nos questions dans cette interview qui met en valeur l’action des sections locales !

Comment est née l’idée de créer un incubateur de projets et quel est le rôle de cette initiative ?

J’ai fait partie du groupe de travail des Assises de la gouvernance en 2019, qui est une initiative menée par Marie Caillaud, la Présidente des Jeunes Européens - France, pour permettre aux bénévoles d’exprimer leur volonté sur la structure et le futur de l’association. Composé de 8 bénévoles, ce groupe de travail s’est interrogé sur la manière dont l’équipe nationale pourrait soutenir les bénévoles qui souhaitent développer des projets au niveau local mais qui ne parviennent pas forcément à les concrétiser.

L’incubateur de projets est né de la traduction de trois objectifs définis par le groupe de travail :

  • Amplifier l’action du Bureau national auprès des sections locales de manière concrète notamment par un soutien financier.
  • Fournir un accompagnement adapté localement et personnalisé en fonction du projet et des besoins des porteurs de projet.
  • Permettre aux bénévoles, expérimentés ou non, de monter en compétences et de se sentir impliqués dans les actions de l’association. La création de projets permet de renforcer l’engagement des bénévoles, dont les plus récents, qui pourront également monter en compétences et assumer de nouvelles responsabilités au sein de l’association.


Qu’est-ce que c’est l’incubateur de projets ?

L’incubateur de projets comporte deux parties, l’une est un appel à propositions qui permet aux lauréats de décrocher une aide financière, et l’autre est un accompagnement dans le développement de nouveaux projets. Cet accompagnement s’adresse à toutes les sections et comités régionaux qui le souhaitent et peut être sollicité à toutes les étapes d’un projet.

Mon rôle est complémentaire à celui des responsables du développement local car je peux intervenir localement sur des projets précis. Je ne me substitue pas aux porteurs de projets, j’apporte juste des éclairages, des formations, des outils qui pourraient les aider à mettre en place plus sereinement leurs projets.

Il s’agit encore d’une expérimentation puisque c’est la première année du dispositif dont nous pouvons déjà voir les bénéfices, notamment auprès des lauréats.


Comment a fonctionné l’appel à propositions ?

Il a été décidé de retenir deux projets portés par les comités régionaux en versant à chacun des lauréats 1500€ dans le cadre de l’appel à propositions “JE’ngagés”. La candidature à cet appel était assez libre puisque les comités régionaux ne devaient pas fournir de budget ou de calendrier prévisionnel. Ils pouvaient ainsi librement innover, faire preuve de créativité et se concentrer sur le contenu du projet. Les comités régionaux devaient néanmoins identifier des financeurs potentiels et s’assurer de l’implication des différentes sections locales au sein de ce projet régional.


Comment ont été sélectionnés les projets ?

Les thèmes choisis pour ce premier appel à proposition et que les comités régionaux devaient respecter étaient le sport et l’environnement. L’année 2021 s’annonçait riche en événements sportifs avec les Jeux Olympiques de Tokyo et l’Euro pour le football. Ces événements sont internationaux et également profondément européens. C’est un thème fédérateur qui rassemble, peu importe la nationalité des participants et des spectateurs. L’environnement est, quant à lui, un thème d’actualité qui parle à la jeunesse, engagée pour protéger la planète. C’est également une priorité de la Commission européenne avec de nouveaux objectifs fixés régulièrement. Il paraissait donc pertinent de lier les deux thématiques, qui sont également peu développées par les sections locales, tout en n’oubliant pas de les intégrer dans l’éducation civique européenne !

La dimension régionale du projet était également un critère majeur dans le choix des projets, non seulement au niveau des responsabilités de chaque section locale présente au sein du groupe de travail, mais également sur les lieux d’intervention. Enfin, le comité de sélection a pris en considération le caractère innovant du projet.


Quels projets ont été sélectionnés ?

Quatre projets ont été déposés, dans le Nord, le Grand-Ouest, le Sud-Ouest et l’Île-de-France, des comités dans lesquels j’ai pu intervenir pour présenter le dispositif. Les lauréats ont été le Grand-Ouest avec le Recycle Tour et le Sud-Ouest avec JE bouge avec l’UE.


Quel rôle joues-tu auprès des comités régionaux dans le développement des projets sélectionnés ?

J’assure en premier lieu un suivi financier en lien avec l’équipe nationale pour verser la subvention aux sections locales qui réalisent des dépenses. Mon rôle est également de suivre le projet de manière générale, pour tenir l’équipe nationale informée, mais également pour répondre aux besoins des comités régionaux.

Mes interventions dépendent surtout des besoins exprimés. Ainsi, le comité régional Grand-Ouest est particulièrement structuré et fait appel à des bénévoles expérimentés et de nouveaux bénévoles qui montent en compétences sans avoir besoin de faire appel à moi. Le coordinateur régional est également le chef de projet, ce qui facilite les échanges. Pour le comité régional du Sud-Ouest, l’accompagnement est plus important puisque le projet est géré par un groupe composé de moins de bénévoles, avec des formations qui ont été réalisées pour les aider à monter en compétences et par un travail de redéfinition du projet.


Un dernier mot ?

L’incubateur de projets est une initiative qui fonctionne ! Il ne s’agit pas que d’un soutien financier et en tant que chargé de mission, mon rôle est également d’accompagner toutes les sections locales qui souhaitent me solliciter.

Alors si vous avez des questions sur un projet local, n’hésitez pas à me contacter à l’adresse baptiste.soler@jeunes-europeens.org ou à contacter vos responsables du développement local à l’adresse developpement-local@jeunes-europeens.org !



L’interview des lauréats de l’incubateur de projets

Nous avons également posé à nos deux comités régionaux lauréats des questions sur leur projet et sur leur organisation. Prince qui participe au projet “ReCycle Tour” porté par les sections du Grand-Ouest et Lorette, Jade et Louise qui coordonnent le projet “JE bouge avec l’UE” porté par les sections du Sud-Ouest.


"JE bouge avec l’UE"

Les réponses de Lorette, Jade et Louise

“L’idée de construire un projet ayant à terme un rayonnement régional a été moteur
dans l’élaboration de notre projet. C’est un élément clé de la plus value de notre projet et c’est pourquoi nous avons l’envie de poursuivre celui-ci. Cette dimension régionale est rendue possible grâce au travail fourni par les sections de Bordeaux et Toulouse en intégrant in fine les sections de Poitiers et de Montpellier.

Notre trio s’est tout de suite construit et nous avons rapidement trouvé notre façon de travailler ensemble et cela à distance. Nous nous sommes rencontrées deux fois à Bordeaux afin de nous connaître davantage et d’échanger de vive voix sur notre projet et nos idées. Pour le moment, nous n’avons pas une idée précise du nombre de bénévoles dont la mobilisation sera nécessaire, mais nous allons relancer les sections du Sud-Ouest au moment venu dès lors que nous aurons toutes les informations précises pour notre projet “JE bouge avec l’UE”.

Notre projet s’intitule “JE bouge avec l’UE” et s’inscrit dans une dynamique de diversification du public auquel nous nous adressons. Notre projet se doit d’être pédagogique tout en ayant une approche sportive. Nous avons été rapidement en accord quant au public auquel nous voulions adresser notre projet, à savoir un public plutôt jeune, âgé entre 11 et 13 ans et issu de quartiers populaires des villes de Bordeaux et Toulouse (prise de contact avec les centres sociaux des métropoles dans ce cadre). Nous voulons éveiller l’esprit de citoyenneté européenne aux jeunes résidant dans des milieux moins favorisés et peu avertis par les enjeux européens. Ainsi, nous avons réfléchi à l’organisation d’une journée (un mercredi) au cours de laquelle les jeunes participent à deux activités différentes. Une première partie est consacrée à un jeu de piste pour découvrir de manière active et ludique les endroits de la ville où l’UE est intervenue (soutien financier, …). Puis, une seconde partie durant laquelle des activités sportives sont proposées. Les jeunes seront répartis en équipes de 6-8 personnes et à la fin de la journée, l’équipe ayant remporté le plus de points gagnera sa place en finale qui sera organisée dans une ville située en “zone rurale”, toujours dans l’objectif de sensibiliser un public moins concerné par les problématiques européennes (Agen, Marmande, Bergerac...).

Nous avons rapidement trouvé une cohérence dans notre travail et notre communication interne. Nous échangeons régulièrement via les réseaux sociaux pour nous tenir informées des contacts avec lesquels nous sommes en relation, ainsi que des réponses reçues par les diverses structures pour les villes de Bordeaux et Toulouse. Pour le moment, nous avons concentré nos prises de contact sur ces deux métropoles avant de faire part de notre projet à d’autres acteurs sur l’échelle régionale.”


« ReCycle Tour »

Les réponses de Prince

“Nous souhaitions proposer un événement qui puisse allier l’Europe à des thématiques importantes, comme la santé et l’environnement, mais c’est un projet ambitieux qui demande des moyens humains importants et qui est plus facile à construire avec plusieurs sections.

Nous avons construit ce projet en toute transparence avec les sections et antennes locales de notre Comité régional : Nantes, Rennes, Orléans, Angers, Caen et Brest.
L’impulsion est venue des président.e.s de chaque section qui ont ensuite porté le projet devant les bénévoles afin d’impliquer toutes les personnes qui le souhaitaient, qu’ils aient de l’expérience dans la gestion de projets ou la volonté d’acquérir de nouvelles compétences.
Nous sommes plus d’une quinzaine à être impliqués, mobilisés à travers les différents pôles pour que chacun puisse à sa façon et au vu de ses compétences et envies, apporter sa pierre à l’édifice. Nous avions quelques difficultés à nous coordonner au départ car nous devions définir où nous voulions aller pour ensuite déterminer ensemble les moyens pour parvenir aux objectifs fixés. Nous sommes aisément parvenus à un accord qui impliquait chaque section présente dans cet AAP.

Le ReCycle Tour qui commencera le 13 juillet à Pénestin et s’achèvera le 17 juillet à Nantes est un événement qui allie l’Europe à la santé et à l’environnement. Concrètement, durant cinq jours, nous rallierons Nantes en partant de Pénestin, à raison d’une trentaine de kilomètres par jour, à vélo en effectuant diverses activités lors de nos étapes. Nous sommes une dizaine, nous ferons des interventions pédagogiques, clean walks (nettoyage des déchets), et pédalerons. Nous allons aussi représenter fièrement les Jeunes Européens en milieu périurbain et rural. Nous souhaitons que l’Europe soit le maillon essentiel entre la santé - à travers le sport - et l’environnement avec protection des océans, notamment l’Océan Atlantique.

Ce n’est pas un projet facile... mais nous pouvons dire avec aisance que nous avons géré ! Nous avons utilisé deux moyens pour “communiquer” : les réunions “globales” et les réunions de pôles. Le tout est toujours suivi d’un compte-rendu afin que Théo Lecarpentier, notre coordinateur régional, puisse être au courant de ce qui se passe. L’équipe nationale nous soutient depuis le début de l’aventure avec la participation directe aux différentes réunions par Baptiste Soler, par exemple, qui assure ainsi le suivi du projet."