Situation politique en Autriche : la position des JE-France

Le 18 septembre 2017, Sebastian Kurz a été officiellement nommé chancelier de la République autrichienne. Après que son parti chrétien démocrate-conservateur (ÖVP) ait remporté les élections législatives, Kurz a décidé de se rallier au parti qui est arrivée en deuxième position : le FPÖ. Il mènera donc un gouvernement de coalition avec le parti d’extrême droite (FPÖ).

Les Jeunes Européens – France s’inquiètent de la percée des mouvements nationalistes et d’extrême droite en Europe, comme le montre l’exemple de l’Autriche. Le nouveau gouvernement de coalition a décidé de confier aux responsables politiques du FPÖ trois ministères clés : la Défense, l’Intérieur et les Affaires Etrangères, et de nommer Heinz-Christian Strache, le leader du FPÖ, vice-chancelier. La composition de ce nouveau gouvernement inquiète puisque le FPÖ a fait une campagne anti-Islam et anti-migrants, et tout porte à croire que ce dernier aura les moyens nécessaires, à la tête de ces ministères, pour durcir drastiquement la politique migratoire de l’Autriche et restreindre les droits des réfugiés (comme cela a été annoncé concernant les restrictions sur les aides sociales). Une telle situation ne serait pas acceptable et contraire aux valeurs de l’Union européenne (UE).

Les Jeunes Européens – France rappellent que l’appartenance à l’Union européenne ne se limite pas seulement à l’appartenance à un marché unique facilitant les échanges économiques, mais que l’UE est également une Union politique qui confère des droits aux citoyens, mais aussi des responsabilités aux Etats membres. En adhérant à l’UE, l’Autriche adhère aux valeurs de cette Union, telles que le respect des droits de l’Homme, de l’Etat de droit, de la dignité humaine, la non-discrimination ou encore la solidarité, et se doit de les respecter dans les actions qu’elle entreprend.

Le gouvernement autrichien ne doit donc pas oublier que l’Union est un espace de solidarité et de coopération. En ce sens, l’Autriche se doit, au même titre que tous ses autres partenaires européens, de participer à l’effort commun dans la crise migratoire que traverse l’Europe.

Les Jeunes Européens – France restent donc vigilants quant à la position de l’Autriche sur ce sujet et sur les actions qu’elle mènera au sein de l’Union européenne. Sebastian Kurz s’est dit vouloir adopter une position pro-européenne et garder le contrôle des principaux dossiers européens. Néanmoins, le fait que le Ministère des Affaires Etrangères soit dirigé par un représentant du FPÖ est interprété comme une hostilité envers le projet européen et sa poursuite. La nomination d’un ministre du même parti à la Défense n’augure rien de bon pour l’Europe de la Défense à peine naissante. Or, l’Union européenne se trouve à un moment charnière de son histoire puisque, traversée et tiraillée par les mouvements d’extrême droite et les revendications nationalistes, elle doit affronter de multiples crises, y compris une remise en question de son projet par certains Etats membres. Toutefois, les Etats ne pourront affronter les défis de ce siècle seuls, et nous pensons que c’est en réformant l’Europe, ses institutions, son fonctionnement, que les Européens pourront vaincre et dépasser ces protestations nationalistes et extrémistes afin d’affronter ces défis collectivement. C’est donc une vision inverse à celle du gouvernement autrichien que nous portons, la vision d’une Europe plus intégrée, plus proche de ses citoyens, plus démocratique et plus solidaire. C’est en construisant une Europe fédérale que les Européens relèveront collectivement ces défis.

Retrouvez également le communiqué de presse de la JEF Europe et de la JEF Autriche sur ce sujet (en anglais).

Photo : REUTERS/Leonhard Foeger