Les programmes d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen pour l’Europe

Les Jeunes Européens comparent la position des deux candidats sur l’avenir de l’Union Européenne

Emmanuel Macron ou Marine Le Pen deviendra dimanche le prochain Président de la République. L’Union Européenne occupe une place fondamentale dans leurs programmes, alors même que leurs opinions à son propos sont radicalement opposées. Alors qu’Emmanuel Macron est en faveur d’une coopération européenne plus poussée, Marine Le Pen veut en sortir à tout prix.

Le futur Président de la République ne changera pas l’Europe seul. Mais son implication sera déterminante. En 2017, voter pour la France, c’est décider pour l’Europe.

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En 2017, tu votes pour la France, tu décides pour l’Europe.

Les Jeunes européens recensent les visions européennes des candidats dans 5 secteurs : économie, société & jeunesse, institutions, défense & politique migratoire et environnement. Nous nous sommes concentrés sur les propositions portées dans leur programmes présidentiels, présentés en amont du premier tour.

Marine Le Pen

La députée européenne, arrivée deuxième au 1er tour de l’élection présidentielle, est la plus opposée de tous les candidats à l’Union européenne. Elle plaide - malgré quelques récents atermoiements - pour la sortie de l’euro et défend l’idée du retour à une monnaie nationale. Son programme comporte également la fermeture des frontières aux ressortissants étrangers à l’espace Schengen, espace dont la France ne tarderait pas à sortir.

Le Front National est favorable à un rétablissement des barrières économiques et à la remise en vigueur des droits de douane au niveau du territoire national.

Economie

  • Sortie de l’euro (l’euro doit seulement être une monnaie commerciale utilisable pour les échanges intra-européens).
  • « Instaurer un vrai patriotisme économique en se libérant des contraintes européennes et en réservant la commande publique aux entreprises françaises si l’écart de prix est raisonnable. »
  • Arrêt de la contribution au budget de l’UE.
  • Abroger la directive européenne sur l’Union bancaire.
  • Taxe sur les travailleurs étrangers et supprimer la directive détachement des travailleurs.
  • Empêcher les accords de libre-échange CETA et TAFTA.
  • Interdire l’importation et la vente de produits provenant de l’étranger qui ne respectent pas les normes imposées aux producteurs français.

Société & jeunesse
[On a cherché, mais on a pas trouvé.]

Institutions

  • Négociations puis référendum sur la sortie de l’UE : « parvenir à un projet européen respectueux de l’indépendance de la France, des souverainetés nationales et qui serve les intérêts des peuples »

Défense & politique migratoire

  • Rétablir les frontières nationales et sortir de l’espace Schengen
  • « Supprimer les pompes aspirantes de l’immigration ».
  • Prône une sortie de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN).
  • Reconstituer les filières industrielles nationales, notamment en coopération avec certains pays européens.
  • Offre d’alliance stratégique poussée avec la Russie avec une levée des sanctions européennes.

Environnement

  • Quitter la Politique agricole commune (PAC)

Sources : sauf mention spéciale ces éléments proviennent du programme de Marine Le Pen.

Emmanuel Macron

L’ancien occupant de Bercy a, comme Marine Le Pen, présenté l’Europe comme l’une des priorités de son programme. Il défend l’idée d’une Europe qui protège ses citoyens et fait le pari d’une relance du projet. Première idée de son programme : la tenue de conventions citoyennes nationales. Elles visent à remettre les européens au cœur du projet, à faire émerger une plus grande coopération entre les Etats membres.

Au premier rang se trouve la politique économique dans ses dimensions monétaire et budgétaire. Emmanuel Macron souhaite respecter les engagements pris par la France en termes de respect des règles budgétaires et souhaite améliorer la gouvernance économique en nommant un ministre de la zone euro. Son « contrat avec les français » laisse présager une politique européenne prudente, préférant les petits pas aux grandes enjambées.

Economie

  • Maintien de la politique commerciale au niveau européen.
  • Favorable à la mise en œuvre du CETA (19 octobre 2016, Les journées de Bruxelles).
  • Favorable aux mesures anti dumping (19 octobre 2016, Les journées de Bruxelles).
  • « Contrôle des investissements étrangers dans les secteurs stratégiques, pour protéger une industrie essentielle à notre souveraineté ou garantir la maîtrise européenne des technologies clés. »
  • Mettre en place un plan d’investissement européen (financer les investissements nécessaires à l’équipement en fibre, aux énergies renouvelables et aux interconnexions et techniques de stockage, à l’éducation, la formation et la recherche.)
  • Protéger le marché intérieur : « Dans la discussion du Brexit, nous défendrons l’intégrité du marché unique européen. Toutes les entreprises qui y accèdent doivent être soumises aux mêmes disciplines. »
  • Créer un marché unique du numérique en Europe : « Un fonds de capital-risque permettra de financer le développement des start-ups européennes ».*

Société & jeunesse

  • Mobilité de la jeunesse européenne : généraliser Erasmus en l’étendant aux apprentis. L’objectif fixé est de 200 000 étudiants et apprentis français à l’étranger par an.*
  • Identité européenne : « Nous avons un modèle de société unique : la liberté individuelle, couplée à la justice sociale. Ce modèle, sur la scène internationale, est une chance pour les Européens : il est fédérateur et peut nous permettre de « trouver notre place dans un monde globalisé » (article Vision Macron).

Institutions

  • Un ministre des finances de la zone euro « responsable devant le Parlement de la zone euro qui regrouperait l’ensemble des parlementaires européens de la zone euro, au moins une fois par mois ».
  • Un cœur intégré de la zone euro (idée de l’Europe à plusieurs vitesses ndlr).
  • Conventions démocratiques sur l’UE : « Pendant six à dix mois, dans chaque Etat, (...) serait organisé un débat européen sur le contenu de l’action de l’Union, sur les politiques qu’elles mènent, sur le contenu de l’action qu’elle doit avoir  ».
  • Fin de l’unanimité, un vote contre d’un Etat membre n’empêche pas le traité mais cet Etat ne l’applique pas (opt out).*

Défense & politique migratoire

  • Renforcer la protection des frontières extérieures : « créer une force de 5000 garde-frontières européens, chargés de surveiller et protéger les frontières extérieures de l’UE ». (Critique de Frontex « ne peut intervenir que si un état le lui demande et avec des moyens très limités »)*
  • Mettre en place une politique de développement pour lutter contre l’immigration
  • Opérer une distinction plus stricte entre réfugiés et migrants économique à l’échelle européenne (19 octobre, Les journées de Bruxelles)
  • Pas de remise en cause des accords de Schengen (Berlin, 10 janvier, Humbolt Universität)
  • Création d’un fonds européen de défense « qui financera des équipements militaires communs […] et un QG européen permanent »*

Environnement

  • Créer un marché unique de l’énergie en Europe : « fixer un prix plancher du carbone dans les pays de l’Union. »*

Sources : sauf mention spéciale les éléments du tableau ont été repris dans le livre d’Emmanuel Macron, Révolution, le site Vision-Macron et l’article Medium d’un de ses soutiens. Les éléments signalés par un astérisque viennent du programme d’Emmanuel Macron.

« En 2017, tu votes pour la France, tu décides pour l’Europe ! »

JÉRÔME QUÉRÉ, PRÉSIDENT DES JEUNES EUROPÉENS - FRANCE. 2016 - 2017.