Les Jeunes Européens ont 25 ans !

L’association a été créée le 6 mars 1992 et fête 25 ans d’action pour rapprocher l’Europe des citoyens.

Extrait du discours de Jérôme Quéré, président des Jeunes Européens - France, prononcé lors du gala des 25 ans de l’association, le 10 mars 2017 au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg.

Nous sommes rassemblés ce soir pour célébrer 25 années d’engagement. Une succession de générations mobilisées pour défendre l’Union européenne et la rapprocher de ses citoyens. La faire progresser au-delà de ce que peuvent proposer les commentateurs ou les responsables politiques. Nous fêtons ce soir 25 ans de propositions ambitieuses, de débats passionnés et enrichissants réunissant tout le spectre politique de façon transpartisanne, de méthodes innovantes pour aborder l’Union européenne avec les jeunes et de rassemblements partout en Europe. Les Jeunes Européens représentent les générations qui font vivre l’Europe, au-delà des discours.

25 ans d’action, un héritage que nous portons avec fierté

C’est héritage, il constitue le socle qui appuie et amplifie notre engagement. Nous sommes fiers de sa longévité malgré les difficultés que rencontre l’Union européenne et sa popularité en dents de scie auprès des citoyens français. Nous n’avons jamais baissé les bras et chercherons toujours à être la génération en avance sur son temps.

Consultez le rapport d’activité des 25 ans de l’association.

Depuis 25 ans, les bénévoles se mobilisent partout en France pour faire avancer le débat et innover. Innover pour ne jamais se reposer sur leurs acquis. Nous défendons les valeurs européennes, mais n’hésitons pas à nous montrer critiques lorsque le contexte l’exige. Notre but n’est pas de défendre une situation établie, mais de garder un regard vif et éveillé pour aller de l’avant et mener l’Union européenne vers sa réussite. Le projet européen est en perpétuelle construction et nous devons rester vigilants pour ne pas le laisser sombrer.

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Discours de Jérôme Quéré au gala des 25 ans de l’association ©Joël Hellenbrand

Les Jeunes Européens se sont construits en parallèle de l’Union européenne.

Dès 1980. Il y a 37 ans, mes prédécesseurs ont monté la branche jeune du Mouvement Européen-France. Dès 1990, nous avons réuni dans notre sillage 20 associations de jeunes pro-européens pour fédérer les énergies autour d’un texte commun : « une Constitution pour l’Europe ». En avance sur notre temps, nous anticipions la Convention de 2003. Et avions fait le choix de nous tourner vers les citoyens, les plus à mêmes de porter ce projet.

Les Jeunes Européens se sont structurés en association le 6 mars 1992. Il y a 25 ans et 4 jours. Ils rassemblent alors les positifs, les optimistes, les curieux, les engagés. Des gens qui nous ressemblent. Leur combat, en 1992, c’est la campagne pour le OUI au traité de Maastricht. C’est l’acquisition, pour vous tous ici, de la citoyenneté européenne et de la liberté de circulation. C’est l’avancée décisive de leurs temps. Charge à nous de prendre la relève.

Cet engagement nous rassemble au-delà de nos différences pour converger vers un même idéal, l’Europe fédérale.

Lorsque je suis arrivé aux Jeunes Européens-France, je n’aurais su me définir comme fédéraliste. Issu d’une famille tentée par le Front national, je me voyais plutôt pro-européen. Au sein de l’association, j’ai pu renforcer mes convictions européennes, aiguiser mon sens critique et me faire ma propre opinion. J’ai trouvé un lieu de débat, où chacun pouvait prendre la parole et défendre ses arguments. Je me suis enrichi au contact de bénévoles incroyables qui avaient chacun leur propre expérience. Cinq ans plus tard, me voici devant vous, humble. Et reconnaissant, devant tout ce qui a été accompli par les bénévoles au fil des années.

Innover, changer les méthodes pour atteindre tous les publics

Les Jeunes Européens-France ont rapidement misé sur la pédagogie pour permettre à chaque jeune de se faire sa propre opinion sur l’Union européenne. Nous avons mis en place le programme Europe par les Jeunes en 1999. Notre objectif, d’alors et d’aujourd’hui, faire prendre conscience à notre génération qu’elle est citoyenne de l’Union.

Nous expliquons que cette citoyenneté apporte des libertés et des opportunités - humaines, économiques, culturelles concrètes, qui changent la vie si on s’en empare. La jeunesse est impliquée, concernée, avide de savoir et de découverte. Nous le voyons sur le terrain. Il faut savoir prendre le temps d’expliquer les enjeux de notre Union. Par la suite, vous verrez, ils se saisiront seuls de la question européenne.

Dès 2012, pour donner un visage humain à l’Union, nous avons initié des interventions Eurodéputé à l’école. Ce programme provoque la rencontre des jeunes et des élus. Il fait découvrir les particularités de la vie politique européenne. Ce n’est pas un message à sens unique, mais un partage horizontal. On m’a souvent raconté - et je me le représente avec bonheur - l’atmosphère unique qu’avait eu en 2013 une rencontre organisée entre Martin Schulz, alors président du Parlement européen et des lycéens strasbourgeois.

Diversifier notre public a toujours été le moteur de notre capacité à innover. Notre programme a donc grandi et évolué. Il s’appelle désormais Europe par les Jeunes et nous emmène dans les centres sociaux, les Maisons de la Jeunesse et de la Culture, les Centre de Formation et d’Apprentis et dans les Centres de loisirs... partout où sont les jeunes. Nous atteignons 10 000 jeunes sensibilisés chaque année !

Informer et faire vivre l’actualité européenne en France

En 2005, nous nous sommes de nouveau mobilisés pour la campagne du OUI au référendum sur le traité portant Constitution pour l’Union européenne. Le NON l’a emporté cette fois-ci, mais nous n’avons pas baissé les bras. Nous avons fait le constat que les jeunes ne faisaient pas entendre leur voix sur le sujet et que les populistes gagnaient en visibilité dans les médias toujours plus avares de polémiques. L’actualité européenne n’est que très rarement traitée en France. Comment voulez-vous que les Français se sentent Européens ?

Nous avons donc réagi en créant le Taurillon, webmagazine participatif consacré à l’actualité européenne. Il permet à tout jeune de prendre son clavier d’ordinateur et d’exprimer son opinion dans un média qui est reconnue dans le milieu européen. Car l’Union européenne ne doit pas être un sujet réservé aux spécialistes ou aux techniciens. Non, l’Union européenne appartient à ses citoyens et ceux-ci doivent s’en saisir et faire entendre leur voix. Le Taurillon existe désormais en cinq versions linguistiques et réuni 200 000 visiteurs uniques par mois avec plus de 8 000 articles depuis sa création. Un engagement qui a été récompensé en 2012 par le Prix du citoyen européen du Parlement européen.

Ce combat pour défendre une meilleure Europe, nous ne pouvons les mener sans l’appui des citoyens. C’est pour cela que nous allons régulièrement à leur rencontre dans des actions de rue, des Villages Européens que nous organisons partout en France, des Eurotours des facs ou encore à travers des animations dans des festivals comme aux Solidays. En 2007, nous avons eu la chance de co-organiser un tour de France, le « Dialogue national pour l’Europe » qui s’est terminé à Bercy et réuni 6 000 personnes avec Michel Barnier, alors ministre des Affaires étrangères et européennes.

Nous ne souhaitons pas rester dans l’entre-soi ou professer la bonne parole, nous voulons écouter les citoyens, leur donner l’opportunité de s’exprimer comme dans l’action de rue « Parole aux citoyens » développée en 2014 pour leur permettre d’interpeller leur députés européens. Nous voulons dialoguer avec les citoyens pour ensuite porter leurs expériences, leur vécu auprès des responsables politiques que nous rencontrons et les mettre face à la réalité.

Ces rencontres enrichissantes, nous les réalisons également avec nos homologues européens. Car parler d’Union européenne entre Français, c’est bien, mais entre Européens, c’est encore mieux. Nous participons aux nombreuses rencontre des Jeunes Européens chaque année. Oslo, Cracovie, Rome ou Malte. Toutes ces villes nous sont devenues très proches et ont fait tomber de nombreux préjugés. Se retrouver à une centaines de jeunes qui croient en l’Europe et qui se battent au quotidien pour la faire progresser, c’est assez impressionnant et aussi réconfortant. Peu importe les discours que l’on peu entendre à droite ou à gauche, on sait que l’on n’est pas seul à y croire quand on fait partie des Jeunes Européens.

Ce réseau de militants est souvent devenu une nouvelle famille pour ses membres. Il nous fait appartenir à un collectif qui nous rassemble pour défendre une cause plus grande que nous et nous fait nous dépasser. Des amitiés solides sont nées et perdurent quelque soit notre parcours. Car lorsqu’on s’est engagé aux Jeunes Européens, on reste toujours un Jeune Européen dans son cœur. J’ai reçu de nombreux messages de soutiens d’anciens bénévoles qui m’ont affirmé avoir toujours gardé la flamme européenne et auraient souhaité être présents ce soir. Je les salue.

Les Jeunes Européens-France, ce sont aussi de grandes campagnes pour faire bouger les lignes, faire rêver les citoyens et bousculer les dirigeants. Nous n’avons pas attendu 2016 pour proposer un Corps européen de solidarité. Dès 2006 nous avons milité pour un service civil européen, car nous sommes persuadés qu’il faut davantage renforcer les liens entre les citoyens et l’Union européenne si celle-ci veut progresser. Des candidats à l’élection présidentielle en France commencent à parler de mobilité universelle pour les jeunes. Je suis content qu’ils aient entendu notre Appel des Jeunes pour l’Europe, produit par nos bénévoles en avril 2015.

Le combat des Jeunes Européens, ne s’arrête pas à la simple production de propositions pour l’avenir. Il s’agit également de défendre nos acquis contre les tentations de repli des populistes, qui grouillent dans tous les partis politiques. L’année dernière, nous nous sommes par exemple mobilisés avec nos homologues européens pour défendre la liberté de circulation des personnes à travers la campagne Don’t touch my Schengen.

Travailler pour l’avenir

En 2017, les Jeunes Européens innovent une nouvelle fois pour l’Europe et convoquent une Convention citoyenne. Parmis vous ce soir sont réunis les 150 membres de cette assemblée, issus de 38 pays du continent. Ensemble, ils travaillent pour donner à l’Europe une Constitution et prouver qu’une refonte du projet européen est possible.

Ensemble, nous formons une génération d’européens mobilisés pour faire progresser notre Union. Pour concevoir le monde dans lequel nous vivrons demain. Aujourd’hui nous ajoutons une pierre à l’édifice des Jeunes Européens et posons les bases des 25 prochaines années d’actions.

« Aujourd’hui nous ajoutons une pierre à l’édifice des Jeunes Européens et posons les bases des 25 prochaines années d’actions. »

JÉRÔME QUÉRÉ, PRÉSIDENT DES JEUNES EUROPÉENS - FRANCE. 2016 - 2017.