Les Jeunes Européens France
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  • Pegida : le nouveau visage de l’islamophobie ?

    21 avril, par Hervé Moritz — Économie & Société, , , ,

    Pegida, c'est le nom d'un mouvement islamophobe et xénophobe, né à Dresde en Allemagne, et qui propage peu à peu son discours et sa rhétorique à travers le continent, réunissant toujours plus d'adeptes. Qui sont réellement ces « Patriotes européens » autoproclamés et quelle Europe fantasment-ils ? Décryptage.

    La naissance des « patriotes européens » ?

    Pegida est l'acronyme de « Patriotische Europäer gegen die Islamisierung des Abendlandes » (« Patriotes européens contre l'islamisation de l'Occident »). Le ton est donné. Depuis octobre, ce courant mêlant islamophobie et xénophobie manifeste dans les rues de Dresde et des autres villes d'Allemagne. Ce mouvement anti-islam a su faire parler de lui à travers l'Europe. Son ancien leader, Lutz Bachmann, avait il y a quelques mois affirmé sa volonté de créer un mouvement paneuropéen. Depuis, des sections existent en Autriche, en Belgique, en Bulgarie, en République tchèque, au Danemark, en France, aux Pays-Bas, en Italie, en Norvège, en Slovaquie, en Espagne, en Suède, en Suisse et au Royaume-Uni. Le mouvement se désigne lui-même comme « patriote européen ». Une description de ce groupe qui agasse au plus au point les organisations pro-européennes, qui se positionnent en rupture totale avec les valeurs du nouveau mouvement originaire de Saxe. Pegida proteste contre une « islamisation du monde occidental », tout en appelant à des règles d'immigration plus restrictives, et en particulier pour les musulmans.

    C'est en entonnant des chants de Noël dans les manifestations que les partisans de ce nouveau mouvement communient. Ils clament également « Montagsdemo » (« manifestation du lundi ») le slogan historique « Nous sommes le peuple », rappelant les manifestations en Allemagne de l'Est contre le régime de la RDA dans les années 1980. Ce mouvement aux adeptes disparates va au-delà de la critique de l'islam et d'une certaine xénophobie et remet en fait en cause la modernité, processus de façonnement des libertés individuelles, dont celle de conscience, de l'Etat de droit, prônant l'égalité des citoyens devant la loi, et des démocraties occidentales.

    Défendre l'Occident chrétien face à la modernité

    Pour le philosophe coréen Byung-Chul Han, ce mouvement oppose l'Occident chrétien à l'islamisme, voir par amalgame à l'islam, dans un processus d' « extériorisation de la peur », confiait-il dans les colonnes du Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung. Liée au romantisme allemand, idéalisant le Moyen Âge chrétien, la théorie du Sonderweg, de la « voie particulière », initiée par certains historiens à l'issu de la Seconde Guerre mondiale, vient conforter l'association des concepts d' « Occident », de « Chrétienté » et d' « Europe ». Pour les théoriciens du Sonderweg, depuis le Moyen Âge, la sécularisation et l'éloignement de la religion chrétienne auraient conduit le « peuple allemand » dans les abimes de la modernité, dont la

    finalité aurait été la Shoah. C'est ainsi que les défenseurs de l'Occident chrétien se soulèvent contre le monde moderne qui a échoué dans son ancien idéal de progrès de l'humanité. Disparu depuis les années 1950, ce discours contre la modernité renaît à cause du mouvement Pegida, s'opposant aux démocraties libérales et revendiquant une société aux fondements antérieurs à l'Europe moderne.

    Il est temps de réaffirmer que l'islam n'est ni incompatible avec les démocraties occidentales, ni avec l'Etat de droit et les libertés individuelles, ni même avec le processus de construction européenne d'un espace politique commun. C'est un enjeu de taille, celui de préserver le processus civilisationnel moderne à l'œuvre depuis plusieurs siècles et aux fondements de nos sociétés.

    Un article paru dans le Taurillon en Flam's, l'édition papier du Taurillon des Jeunes Européens - Strasbourg.


  • « Pour une Europe plus juste, neutralisons les sociétés écrans »

    20 avril, par Hervé Moritz — Actualité, ,

    « Pour une Europe plus juste, neutralisons les sociétés écrans », c'est le mot d'ordre d'une nouvelle initiative citoyenne européenne pour la transparence financière internationale. Cette nouvelle pétition européenne se place sous le haut patronage de Chantal Cutajar, professeur à l'Université de Strasbourg de droit pénal des affaires et de la procédure pénale, maître de conférences en droit privé et sciences criminelles. Spécialiste des sociétés écrans, œuvrant à l'élaboration de moyens juridiques de faire échec aux montages juridico-financiers qui sous-tendent l'activité des organisations criminelles et terroristes transnationales, Chantal Cutajar répond à nos questions à propos de cette jeune initiative citoyenne.

    Pouvez-vous présenter succinctement votre Initiative Citoyenne Européenne (ICE) et ses objectifs ?

    L'initiative citoyenne européenne « Pour une Europe plus juste, neutralisons les sociétés écran » demande à la Commission européenne de présenter un projet de règlement imposant la transparence des sociétés et autres constructions juridiques tels que les trusts. Il s'agit de ne plus autoriser au sein même de l'Union européenne la constitution de sociétés avec des administrateurs et/ou des actionnaires désignés qui ne sont rien d'autre que des prête-noms derrière lesquels peuvent se retrancher les bénéficiaires réels. Ces sociétés écran sont les outils qui permettent aux organisations criminelles d'infiltrer l'économie licite au moyen du blanchiment. Elles permettent aussi aux fraudeurs fiscaux d'échapper à l'impôt.

    Vous justifiez la création de cette ICE à la suite d'un rapport de la commission parlementaire spéciale sur la criminalité organisée, la corruption et le blanchiment des capitaux, présidée jusqu'en juin 2014 par Sonia Alfano, ancienne députée européenne. Quel tableau dresse ce rapport ?

    Cette commission a mis en évidence une réalité très inquiétante que l'on doit avoir le courage de regarder en face pour la combattre efficacement.

    Ce rapport pointe deux réalités. La première, que les trafics génèrent des profits tels qu'ils permettent aux organisations criminelles de menacer les fondements même de nos sociétés. La deuxième, que les organisations criminelles disposent, au sein de l'Europe de revenus tels qu'elles sont parvenues à infiltrer les administrations publiques des Etats membres au moyen de la corruption. Le coût de la corruption sur le seul territoire de l'Union européenne atteindrait près de 120 milliards d'euros par an, soit 1 % du PIB de l'Union.

    Les organisations criminelles s'associent avec des délinquants en col blanc, qui, même s'ils n'appartiennent pas en eux-mêmes à la structure des organisations criminelles, entretiennent avec elles des relations d'affaires mutuellement lucratives. Elles corrompent les sociétés toutes entières.

    Les organisations criminelles sont devenues un acteur de l'économie mondiale. Ses membres sont animés d'un véritable esprit d'entreprise dirigé vers la satisfaction de la demande de biens et services sans distinction du caractère légal ou non de la demande parce que pour elles, tout à un prix, tout peut s'acheter et donc se vendre.

    Elles ont tissé des liens entre elles mais aussi avec des organisations non criminelles et naviguent perpétuellement entre la dimension apparemment licite de leurs activités, les méthodes de corruption et d'intimidation et les fins illicites comme le blanchiment de capitaux pour lequel elles les utilisent.

    Pour lutter contre ces fléaux, vous préconisez la suppression des sociétés écrans. En quoi cela peut-il changer la donne ? Comment réaliser un tel dessein concrètement ?

    La réalité à laquelle nous avons à faire face aujourd'hui est que les organisations criminelles sont en passe de prendre le pouvoir et d'anéantir la démocratie. Elles y parviennent parce que le droit leur donne les moyens d'infiltrer l'économie licite et d'échapper aux poursuites, c'est-à-dire de blanchir l'argent.

    Ce sont les sociétés écrans qui permettent aux organisations criminelles d'étendre leur emprise à l'échelle de la planète en transformant l'argent illégal issu des trafics en argent légal et d'infiltrer ainsi les circuits financiers internationaux au moyen de la corruption.

    Des spécialistes de l'ingénierie juridique concoctent des montages qui vont empêcher toute traçabilité des flux financiers parce que ces sociétés, constituées en toute légalité permettent d'assurer l'anonymat aux bénéficiaires réels. Or, il est possible dans plusieurs Etats au sein même de l'Union européenne de créer des sociétés sans qu'apparaisse le nom du propriétaire réel dans le registre public. Seul apparaissent les noms de nominee director et, pour la détention des actions de la société, un ou plusieurs nominee shareolders. Le nominee director rédige et signe une procuration ainsi qu'une déclaration de fiducie donnant au bénéficiaire réel les pleins pouvoirs pour gérer l'entreprise et lui confère la pleine propriété de toutes les actions. En vertu de ces documents qui sont remis à la banque, le nominee n'aura pas accès aux fonds.

    Ces entités permettent au bénéficiaire réel de rester anonyme tout en conservant le contrôle sur les fonds détenus sur le compte bancaire ouvert au nom de la société. Toutes les enquêtes pénales se heurtent à ces entités et il est impossible, non seulement de relier les flux financiers aux trafics illicites ou aux opérations de corruption et à leurs auteurs, mais également, d'appréhender les actifs criminels qui, ainsi, restent à l'abri des poursuites et de la confiscation.

    Il est possible de créer des sociétés écran au cœur même de l'Union européenne, comme en Roumanie, à Gibraltar, à Chypre, en Pologne, au Luxembourg ou au Royaume-Uni.

    L'ICE demande d'imposer la transparence des sociétés de manière à ce qu'il soit toujours possible d'identifier les bénéficiaires réels. Elle demande également de ne pas reconnaître les opérations qui seraient conclues avec des sociétés enregistrées dans des Etats qui ne garantissent pas la même transparence.

    L'Union européenne a-t-elle les compétences nécessaires pour supprimer, comme vous le demandez, les sociétés écrans ? Si oui, les instances européennes en ont-elles la volonté ?

    Oui absolument. Dans une communication intitulée « La stratégie de sécurité intérieure de l'Union européenne en action : cinq étapes vers une Europe plus sûre » [1], la Commission préconise d'accroître la transparence des personnes morales et des constructions juridiques. Le Parlement européen dans une résolution du 15 septembre 2011 a invité la Commission européenne à « faire de la lutte contre les sociétés-écrans anonymes dans les juridictions opaques (…) une priorité ».

    La Commission européenne dans son rapport au Parlement européen et au Conseil sur l'application de la directive 2005/60/CE relative à la prévention de l'utilisation du système financier aux fins du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme [2] évoquait la possibilité d'introduire « dans un instrument juridique existant dans le domaine du droit des sociétés, des mesures visant à promouvoir la transparence des personnes morales et des constructions juridiques » (§ 2.6.4).

    Notre ICE ne fait que reprendre cette préconisation émanant de la Commission européenne elle-même. Le fait que notre ICE ait été enregistrée signifie d'ailleurs qu'elle se situe dans un champ de compétence de la Commission. A défaut elle aurait été rejetée.

    Quant à la volonté, des lobbys financiers sont très actifs pour empêcher une telle avancée qui pourtant est vitale pour nos démocraties. On peut légitimement se demander pourquoi alors que l'on sait que ces sociétés écran sont criminogènes, on ne se dote pas d'une législation efficace pour imposer la transparence ? Pour le comprendre il faut faire une incursion dans la sphère de la finance.

    Daniel Cohen, professeur d'économie à l'Ecole normale supérieure et vice-président de l'école d'économie de Paris explique la crise financière par le fait que la finance règne en maître et que c'est « ce qui rend notre monde aussi irrespirable et nos leviers d'action aussi inefficaces ». L'économie a été réduite à la science de l'intérêt.

    Cela a conduit à ne voir le monde que sous l'angle de formules mathématiques vérifiées au moyen d'études statistiques du comportement des individus ou des groupes sociaux avec comme postulat incroyable, que l'agent économique, c'est-à-dire chacune et chacun d'entre nous, n'a in fine qu'un but dans son acte d'achat : maximiser son profit. Dans cette vision de l'économie, il n'y a aucune place pour les valeurs qui cèdent devant le principe d'utilité.

    Daniel Cohen a raison de dire que « quand l'économie chasse les valeurs qui soudent la société au nom de l'efficacité, le système s'effondre. » Et nous sommes en train d'assister à cet effondrement parce que les organisations criminelles transnationales tirent profit du système financier débridé parce qu'il leur permet d'infiltrer l'économie légale avec des flux toujours plus importants d'argent criminel et de prospérer économiquement avec des conséquences mortifères sur la démocratie.

    C'est la raison pour laquelle, à partir de Strasbourg, qui est le symbole d'une gouvernance démocratique européenne, nous invitons les Européens à reprendre le contrôle de leur destinée et à participer activement à la refondation de l'Union européenne autour des principes d'éthique et de justice. Il y a va de l'existence même de notre société, celle où nous voulons vivre et que nous laisserons à nos enfants.

    Le Parlement européen a annoncé sa volonté de réformer le système de l'ICE. Qu'en pensez-vous ? Que faut-il changer selon vous ?

    Monter une ICE est un véritable parcours du combattant. Nous n'avons pas rencontré de difficulté quant à l'enregistrement de l'ICE, mais c'est parce qu'en ma qualité de juriste universitaire spécialiste de ces questions je connaissais parfaitement le champ de compétence de la Commission et comment rédiger l'ICE pour qu'elle franchisse le cap de l'enregistrement. Mais ce n'est pas le cas pour toutes les ICE de sorte qu'il faudrait instituer une assistance juridique pour aider les citoyens à formaliser leur ICE dans des termes qui la rende éligible.

    Les trois ICE qui ont abouti ont bénéficié de financements et de soutiens dont le montant déclaré́ dépasse 10 000 euros (« Right2Water » : 140 000 euros – « Un de nous » : 159 219 euros – « Stop vivisection » : 23 651 euros).

    La collecte des fonds est complexe si l'on veut respecter à la lettre le règlement de l'ICE. En effet, le comité citoyen n'a pas la personnalité morale. Concrètement comment cela se passe-t-il ? Nous sommes contraints de collecter des fonds par l'intermédiaire d'une ONG qui les affecte à l'ICE. Or, je rappelle que les ONG ne peuvent pas lancer d'ICE. Le procédé que nous sommes contraints d'utiliser ne revient-il pas indirectement à contourner l'interdiction qui faite aux ONGs de prendre l'initiative d'une ICE ?

    Si l'objectif de l'initiative citoyenne européenne est de renforcer la légitimité́ démocratique de l'Union, il me paraît indispensable de mettre en mesure les comités citoyens de faire la promotion de leur ICE dès que le dispositif de collecte est validé et que l'ICE a été enregistrée par la Commission.

    Pour ce faire, la Commission européenne pourrait notamment initier une conférence de presse pour que le comité citoyen puisse présenter son ICE devant la presse de tous les Etats membres. Ainsi, les citoyens européens seraient à même d'être informés de l'ICE et libres de poser les questions en s'adressant aux différents membres du comité citoyen.


    [1] COM(2010) 673 final

    [2] COM(2012)168 final du 11 avril 2012

    Dernières publications

    - « Fraude et évasion fiscales : Etat des lieux et moyens de lutte » Joly éd. 2015
    - « Finances et éthique », Lamy, Axe Droit, mars 2013
    - L'avocat face au blanchiment d'argent, éditions Francis Lefèvre, mars 2012
    - Thème-express – Blanchiment d'argent, prévention et répression, 24 octobre 2013
    - « Garantir que le crime ne paie pas » – Stratégie pour enrayer le développement des marchés criminels, ouvrage collectif sous la direction de C. Cutajar, Préf. Jacques BARROT, PUS, janvier 2011.

    Pour en savoir plus sur cette initiative citoyenne européenne, rendez-vous sur www.transparencyforall.org.


  • Quelle capitale de la culture êtes-vous ?

    18 avril, par Lucie Pagnat — Culture & Histoire, ,

    Lancée en 1985 par le Conseil des ministres de l'Union européenne, cette initiative vise à rapprocher les citoyens européens, en leur ouvrant les portes d'une culture existante mais aussi naissante, à l'échelon de l'Union européenne. L'obtention de ce prestigieux titre repose sur la sélection d'un programme culturel annuel, visant à promouvoir l'esprit et l'attachement à une Europe que l'on n'oubliera pas de caractériser comme « unie dans la diversité ». Aujourd'hui désignée par paire, la « double » capitale européenne de la culture n'attend plus que vous. Avant de boucler vos bagages par excès d'enthousiasme, savez-vous où aller ? Connaissez-vous seulement les capitales européennes de la culture 2015 ?

    Pilsen ou Mons ? Les deux !

    Les capitales européennes de la culture mettent à l'honneur cette année un breuvage mousseux connu de tous : la bière. Vous ne pouvez résister à l'envie de gouter une, que dis-je deux, bières se déclinant des blanches au plus ambrées ! Certains d'entre vous ont surement déjà festoyé en Belgique, surement non loin de Mons d'ailleurs, il est donc temps de vous laisser tenter par les charmes de cette cité médiévale. Laissez vous également tenter par la célèbre spécialité de Pilsen, 4e ville de République tchèque, à savoir sa bière Pilsner Urquell. Après cela, vous ne saurez où donner de la tête entre la déambulation au milieu du quartier multiculturel dédié au design et aux artistes amateurs à Pilsen et l'illumination du beffroi de Mons, inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco.

    « PILSEN open-up ! »

    « Ouvrez-vous Pilsen ! », c'est en référence au slogan de sa célèbre bière que la ville déploie son programme de capitale européenne. Il n'est pas étonnant que Pilsen ait remporté ce prestigieux titre car elle présente un florilège de manifestations et d'innovations à même de témoigner de la volonté de cette ville de se mettre au diapason de l'Union européenne. En mettant en avant son potentiel créatif et sa culture traditionnelle, Pilsen montre à quel point cet événement annuel est l'opportunité pour une ville d'utiliser la culture comme un moteur de développement. En faisant non seulement participer activement ses citoyens, mais aussi en connectant des domaines aussi diversifiés que l'art, le business, la science et la technologie, la ville a saisi l'occasion de faire naître des projets façonnant une société multiculturelle, créant un dialogue intergénérationnel pour faire de Pilsen la métropole moderne et dynamique de la Bohême de l'Ouest. A vos décapsuleurs, « Ouvrez-vous Pilsen ! ».

    « En 2015, je suis Montois et toi ? »

    L'art du street review, l'illumination du beffroi, les concerts classiques, disco et électro, l'exposition Van Gogh, un opéra culinaire, la mode ou encore le design : tout est prévu pour faire de Mons l'attraction de l'Europe occidentale cette année. Consciente de l'essor des nouvelles technologies, Mons a d'ailleurs présenté un projet qui n'est pas seulement culturel, mais aussi innovant notamment dans le domaine du numérique. Son but ? Devenir une « Creativ Valley » ! Je n'ai plus qu'à vous souhaiter un excellent voyage vers ces deux capitales européennes de la culture.

    Un article paru dans le Taurillon en Flam's, l'édition papier du Taurillon des Jeunes Européens - Strasbourg.


  • Une plateforme pour protéger les journalistes

    17 avril, par Claire Courbet — Actualité, , ,

    Créée en partenariat avec plusieurs associations, la plateforme pour la protection du journalisme et la sécurité des journalistes permet de recenser et de dénoncer les atteintes à la liberté de la presse au sein des 47 Etats membres du Conseil de l'Europe. Le but ? Endiguer une détérioration générale de la liberté de la presse à travers le continent, dénoncée par les associations.

    « L'union fait la force » aurait pu être le slogan de la plateforme lancée par le Conseil de l'Europe en ce début d'avril. Dans un communiqué, l'organisme explique vouloir recenser toutes les atteintes à la liberté des médias afin de « protéger le journalisme et promouvoir la sécurité des journalistes. »

    Recenser les atteintes à la liberté de la presse

    A l'aide d'associations comme Article 19, l'Association des journalistes européens, la Fédération européenne des journalistes, la Fédération internationale des journalistes et Reporters sans frontières, le site sera un moyen de réunir sur un seul espace tous les actes mettant à mal la liberté des médias, de favoriser le dialogue pour résoudre ces problèmes et, si cela ne suffit pas, de prendre des mesures à l'encontre des responsables.

    Si l'organisme recense les atteintes à la liberté de la presse, c'est d'abord pour pouvoir agir en faveur de cette liberté. Le Conseil souhaite « réagir de manière plus efficace en réponse aux alertes et d'engager le dialogue avec les Etats membres concernés sur les recours possibles et les mesures de protection éventuelles. » La plateforme compte déjà une quarantaine de signalements. La majorité d'entre eux concerne des pays qui ne sont pas membres de l'Union européenne : la Russie, la Turquie, l'Azerbaïdjan et l'Ukraine. Cependant, les pays membres de l'Union ne sont pas épargnés : des actes malveillants à l'encontre des journalistes en Espagne, au Danemark, en Slovénie, et en Grèce figurent sur le site.

    La France est elle aussi présente sur cette liste en raison de l'attentat perpétré le 7 janvier dans les locaux de l'hebdomadaire Charlie Hebdo qui a fait 12 morts et du blocage par l'administration française de cinq sites pour incitation au terrorisme ou apologie du terrorisme sans autorisation d'un juge, ce qui est légal depuis la loi antiterroriste votée en novembre 2014. Cependant, selon plusieurs médias français, au moins l'un des sites ne faisait pas « d'apologie directe du terrorisme ».

    Comment ça marche ?

    La plateforme classe les atteintes à la liberté d'informer en six catégories : « atteintes à l'intégrité physique des journalistes », « harcèlement de journalistes », « impunité », « menaces à l'encontre des sources des journalistes », « actes ayant des effets dissuasifs sur la liberté des médias ». La dernière catégorie intitulée « autres » sert à signaler les blocages des sites web, les piratages et la censure de certains médias. Les différents actes à l'encontre de la liberté des médias recensés sont divisés en trois catégories suivant leur importance. Ainsi, le meurtre d'un journaliste sera classé en niveau 1 tandis qu'une accusation de « terrorisme » à l'encontre d'un journaliste sera classée en niveau 2. Les actions menées par le Conseil de l'Europe apparaîtront au fur et à mesure sur la plateforme.

    Inverser la tendance

    Cette initiative naît alors que différentes associations qui militent en faveur de la liberté de la presse tirent la sonnette d'alarme depuis plusieurs années. Dans son rapport concernant l'année 2014, l'association Reporters sans frontières, qui a pris part au projet du Conseil, met en avant une détérioration générale de la liberté de la presse. Selon l'ONG deux tiers des pays du monde affichent de moins bonnes performances que l'année précédente. D'après le mémorandum d'accord entre le Conseil de l'Europe et les organisations partenaires de ce projet, la durée initiale de fonctionnement de la plateforme est d'un an, son efficacité sera évaluée à l'issue de cette période. Affaire à suivre.


  • La victoire des bambins, ou la fin des châtiments corporels

    16 avril, par Hélène Moreau — Économie & Société, , ,

    Par une décision du 4 mars 2015, le Comité européen des droits sociaux du Conseil de l'Europe, basé à Strasbourg, considère que le droit français ne prévoit pas d'interdiction suffisamment claire et contraignante des châtiments corporels infligés aux enfants ni par la loi ni par la jurisprudence.

    L'Europe et la fessée

    Le Comité, chargé par l'organisation paneuropéenne réunissant 47 pays de vérifier l'application de la Charte sociale européenne, rappelle que la situation française était non-conforme à l'article 17 de la Charte qui prévoit expressément « le droit des enfants et adolescents à grandir dans un milieu favorable à l'épanouissement de leur personnalité » et notamment en son b) « à les protéger contre la négligence, la violence et l'exploitation. »

    Certains pensent qu'il est exagéré de sanctionner un Etat parce qu'il n'interdit pas explicitement la correction physique des enfants, la Cour de Cassation ayant déjà prohibé par ces arrêts les châtiments corporels à l'égard des enfants sans que cela ne se traduise par la création d'une loi spécifique. Cependant, sur 47 Etats membres du Conseil de l'Europe, 27 ont interdit la fessée, avec en chef de file la Suède (1979), la Finlande (1983) et la Norvège (1987), l'Allemagne les ayant rejoint en l'an 2000.

    Une législation futile ?

    Rien n'est moins sûr, on remarque en Suède, depuis la promulgation de la loi « anti fessée », qu'aucun enfant n'est plus mort à la suite de violences familiales, le nombre de procès pour maltraitance d'enfant a diminué et moins d'enfants sont enlevés de leur famille pour être confiés à des services sociaux. D'autre part, selon un criminologue spécialisé dans la délinquance juvénile en Europe, F. Estrada, la jeunesse actuelle est plus disciplinée et moins violente, que les enfants des années 1970. En effet, le pourcentage de jeunes de 15 à 17 ans condamnés pour vol a diminué de 21% entre 1975 et 1996 en Suède. Cela serait dû à une baisse de la violence à l'égard des enfants.

    Le non-usage de la violence physique entraînerait-il un cercle vertueux pour la société ? De nombreuses études sociologiques s'intéressent au sujet. Pour l'heure, la France va devoir se plier aux exigences du Comité, et rédiger une nouvelle loi protégeant explicitement le corps des chérubins français, afin de rendre le droit conforme aux exigences de la Charte sociale européenne. Ou bien, elle continuera à payer des amendes. A bon entendeur.

    Un article paru dans le Taurillon en Flam's, l'édition papier du Taurillon des Jeunes Européens - Strasbourg.



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