Les Jeunes Européens France
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  • Brexit ou pas, renouer avec l’espoir

    29 avril, par Bernard Barthalay — Opinions, , , ,

    Les deux mois qui nous séparent du référendum annoncé par David Cameron verront se déployer face à face, au Royaume-Uni mais aussi dans les autres pays membres, un « parti de la nation » et un « parti de l'Europe ». Cela ne veut pas dire qu'après le référendum britannique tout sera réglé. Au contraire, la situation sera plus confuse que jamais.

    Le « parti de la nation » compte dans ses rangs des nationalistes ou national souverainistes qui refuseront toujours quelque forme d'Europe que ce soit, hormis celle des Etats souverains, dont le soi-disant « accord » dissimule l'impasse, aux yeux des naïfs, mais il compte aussi des « européistes » tièdes, qui continueront de croire que l'intégration par le marché nous dispense de l'intégration par des politiques délibérées par une représentation européenne souveraine. Le « parti de la nation » réunirait ainsi, contradictoirement, le « parti de la fermeture » et le parti de « l'ouverture sans le peuple ».

    Le « parti de l'Europe », de son côté, s'étirera sur un spectre large, de ceux qui croient encore que les institutions actuelles puissent évoluer « à l'anglaise », sans rupture, par la voie d'une parlementarisation croissante, et qui ont déjà raté le train de l'histoire, à ceux, les « fédéralistes », qui ne sont pas, comme le prétendent plusieurs nationalistes ou souverainistes, le parti de « Bruxelles » ou de l'Union européenne, mais ceux pour qui l'unité politique du continent, ou au moins des Six Fondateurs ou de la zone euro, au stade de l'initiative, passe par la limitation de la souveraineté des Etats, au profit d'une souveraineté nouvelle, limitée elle aussi par une constitution préparée, rédigée et adoptée par la voie démocratique. Ce sont ces derniers qui annoncent de longue date la faillite des Etats nationaux et l'impasse actuelle. Dans ce « parti de l'Europe » figurent aussi tous ceux, marqués par l'« internationalisme », qui veulent une « autre Europe » sans admettre que les Etats nationaux à bout de souffle ne sont plus capables d'innovation sociale ou politique et qu'un nouveau contrat social, dans un périmètre commun, ne va pas sans la constitution politique voulue par les « fédéralistes » qu'ils accusent d'« institutionnalisme ».

    Cameron a décidé unilatéralement que des règles, appliquées aujourd'hui dans l'Union européenne, adoptées selon les procédures en vigueur, sont contraires à ses intérêts. C'est sur cette base qu'il a demandé l'ouverture d'une négociation bilatérale entre lui-même et l'Union européenne.

    C'était oublier que ces règles ont une histoire, et que le Royaume-Uni a contribué à les préparer, les a validées, parfois même par référendum, y compris le projet d' « une union sans cesse plus étroite », et les a appliquées, souvent avec la plus grande discipline. Le traité d'adhésion (1972) avait fait droit aux demandes d'aménagement que le Royaume-Uni aurait exigé en sa faveur s'il avait participé quinze ans plus tôt à la négociation du Traité de Rome (1957). Depuis, le Royaume-Uni a eu toute sa part au fonctionnement normal des institutions communes. Les autres Etats membres ont donc commis une faute contre le droit, et contre la démocratie, en concédant à Cameron, dont le parti est en difficulté, une négociation bilatérale entre le Royaume-Uni et l'Union européenne. C'est une erreur fatale : elle signifie, sans que les citoyens de l'Union ou les peuples des Etats aient été appelés à en décider, que le Royaume-Uni est déjà dehors. Ce type de négociation n'a lieu d'être en effet qu'entre l'Union et un candidat à l'adhésion. Et c'est la Commission qui négocie pour l'Union.

    Cameron a eu gain de cause, en convainquant ses partenaires qu'ils pouvaient impunément renverser l' « ancien régime » de la Communauté en écartant la Commission au profit du président du Conseil européen, Donald Tusk, qui a fait figure de négociateur en chef ; et en écartant le Parlement, dont on voit mal qu'il puisse adopter ou rejeter un accord entre gouvernements, caduc en cas de Brexit et sans portée légale d'aucune sorte dans le cas contraire. Imagine-t-on que Joe Biden, président du Sénat des Etats-Unis d'Amérique négocie bilatéralement avec le gouverneur du Commonwealth of Massachusetts, un accord d'administration à administration, objet d'un accord unanime des gouverneurs des Etats, sans vote du Congrès et sans que la Cour suprême déclare cet accord inconstitutionnel. Ce serait la fin de l'Union américaine. Autant dire que l'Union européenne, comme on la connaissait avant le 19 février, est morte. Les Etats membres l'ont tuée.

    Restaurer l'unité entre les Fondateurs eux-mêmes exigera beaucoup plus qu'un simple replâtrage. Pour colmater la brèche dans le droit européen, faire oublier le déni de démocratie et renouer avec le projet des Fondateurs, qui était lui-même celui de Spinelli, de Monnet, de Schuman, Adenauer et de Gasperi, c'est une révision générale qu'il faut. La méthode des petits pas, où la construction s'est enlisée, l'oubli des citoyens, dont les attentes d'Europe survivent à la déferlante nationaliste, les pratiques opaques et incompréhensibles, ça suffit !

    L'Europe est à la traîne, tandis que le monde court devant. Les Fondateurs ont une responsabilité historique, celle d'avoir engagé ce continent dans la voie de l'unité. Ils viennent, quelle que soit l'issue du référendum britannique, de dire le peu de cas qu'ils font aujourd'hui de leur projet initial, et même de la démocratie. Ils ont engagé l'Europe, sous une unanimité de façade, dans la voie de la division. L'effet domino de l'accord du 19 février ne s'arrêtera pas aux limites géographiques du continent.

    La politique de la suspicion, de la défiance, de l'incompréhension de la peur et la haine s'alimentant réciproquement pourraient triompher aux dépens des générations futures. Il est urgent de renverser la vapeur. Ce n'est possible qu'à une condition, que les Fondateurs assument la responsabilité de leurs gestes insensés, en s'engageant maintenant, publiquement, à une union complète, quoi qu'il en coûte. C'est le prix à payer pour opposer l'espoir à la peur.

    La sécurité des Européens (et donc leurs libertés) est à l'ordre du jour, qu'il s'agisse de la finance casino, de la précarité économique, du réchauffement climatique ou des migrations. Les Européens en ont assez de la procrastination gouvernementale, des négociations trop lentes, des décisions trop tardives, des pratiques secrètes. Ils sont en demande de démocratie, de délibérations publiques et, tout simplement, de décisions prises à temps. Qu'est-ce que cela veut dire pour l'Europe ? Une division claire du travail entre les gouvernements nationaux et un gouvernement commun, également responsables devant des représentants élus, un transfert de pouvoirs et de ressources à l'union constitutionnelle de ceux qui voudront. Ni plus, ni moins. Maintenant.

    Cet article a été publié initialement dans le Huffington Post et dans le magazine Fedechoses du mois de mars.


  • Démocratie en Ukraine : Le verdict du Conseil de l’Europe

    28 avril, par Béatrice Chahine — Actualités, , ,

    Les élections locales en Ukraine ont eu lieu le 25 octobre 2015. Pendant que les municipalités votaient et qu'un certain nombre de citoyens n'avaient pas accès au vote, une délégation du Conseil de l'Europe faisait partie d'une mission d'observation menée par l'OSCE pour l'élection après l'invasion russe de la Crimée et une guerre civile qui a déchiré et déchire toujours la population. Retour sur le rapport de cette mission.

    Les élections locales en Ukraine d'octobre dernier avaient été jugées « démocratiques » par l'OSCE au lendemain du scrutin, mais en mars, à l'occasion du 30e Congrès du Conseil de l'Europe, il y avait certaines tensions entre les observateurs. Par exemple, le fait que 5 millions de citoyens n'ont pas pu prendre part au vote fait l'effet d'une bombe.

    Dans l'Ukraine en crise, de nombreuses réformes étaient, et, sont encore attendues. Andrée Buchmann de la délégation française s'est dit satisfaite de voir « du professionalisme dans les bureaux de votes ». Pour un membre de la délégation géorgienne, Mindia Ugrekhelidze, « la démocratie est notre but. Nous ne devons pas arrêter à cause des événements de Bruxelles. »

    La tension était discrète mais cependant forte. Les représentants russes ont déploré qu'aucun Russe n'ait fait partie de la mission en octobre. En ce qu'il en ait des problèmes découlant de ces élections locales, ils accusent le gouvernement et ont annoncé qu'ils n'allaient pas voter en session plénière sur ce rapport.

    De plus, de jeunes délégués étaient déçus que le rapport ait peu parlé de la participation des jeunes ukrainiens, uniquement signalée en note de bas de page. La place des jeunes au sein d'une élection tient une place importante puisqu'ils incarnent l'avenir du pays.

    La garantie de l'Etat de droit et de la démocratie est une politique importante du Conseil de l'Europe. Ce rapport ne fait aucune exception à la règle. Il offre de l'analyse sur le déroulement des élections mais aussi démontre qu'il y a encore du progrès et des réformes à faire, en proposant un certain nombre de mesures.

    Plus récemment, avec la fuite des Panama Papers, le président ukrainien, Petro Porochenko, touché par ce scandale de « offshore tax evasion », a suscité une demande d'investigation de la part des membres du Parlement. Cette dernière information n'a peut-être aucun lien avec les élections d'octobre dernier, mais peut signifier qu'il est nécessaire de passer les réformes voulues par le Conseil de l'Europe, afin de renforcer durablement une démocratie ukrainienne encore fragile et balbutiante, que chaque tempête menace de faire tomber.


  • Financement du terrorisme : Le gel des avoirs dans l’Union européenne

    26 avril, par Maud Chastaing — Actualités, , ,

    Dans sa lutte contre le terrorisme, l'Union européenne en accord avec l'ONU a fait du gel des avoirs des terroristes et de leurs soutiens une arme clé pour lutter contre le financement des activités terroristes. Par le renforcement de sa législation et de ses moyens d'action en décembre, la Commission renforce sa capacité à lutter contre le terrorisme.

    La Commission européenne a proposé, le 2 décembre 2015, une directive relative à la lutte contre le terrorisme, instituant au rang d'infraction tout soutien financier ayant un rapport avec le terrorisme. Dans cette directive, se trouvent divers moyens pour s'attaquer aux systèmes de financement du terrorisme. Une série de mesures a été proposée avec plusieurs objectifs, notamment améliorer la transposition par l'Union européenne, des mesures de gel des avoirs mises en œuvre par l'ONU.

    Parmi les objectifs de cette directive, il y a le renforcement des compétences des cellules de renseignement financier de l'Union européenne et une meilleure coopération entre elles, la mise en place des registres nationaux centralisés des comptes bancaires et de paiement, ou des systèmes centraux de recherche de données dans tous les États membres, ainsi que la lutte contre le financement virtuel du terrorisme.

    Il sera également possible que les établissements financiers et opérateurs économiques de l'Union européenne aient accès aux listes de Nations Unies, sur lesquelles se trouvent les personnes soupçonnées d'avoir un lien avec une organisation terroriste. La Commission envisage également la possibilité que l'Union se dote d'un régime propre pour geler les avoirs des terroristes, et puisse étudier des mesures supplémentaires pour tracer le financement du terrorisme.

    La genèse du gel des avoirs comme arme contre le terrorisme

    Le gel des avoirs est une mesure initialement prévue par les Nations Unies, à la suite des attentats du 11 septembre 2001, qui ont frappé les Etats-Unis. Le Conseil de Sécurité de l'ONU, après avoir constaté l'existence de la menace d'atteinte à la paix, a décidé des mesures à prendre. Ainsi, dans la résolution 1373 de 2001 [1], le Conseil de sécurité décide de « geler sans attendre les fonds et autres avoirs financiers ou ressources économiques des personnes qui commettent, ou tentent de commettre, des actes de terrorisme (…) ».

    Cette mesure concerne les fonds et ressources économiques détenus ou contrôlés par des personnes ou des entités, soupçonnées d'avoir un lien avec une organisation terroriste. Ainsi, l'accès à ces fonds, les mouvements ou la cession de ces fonds ne sont plus possibles. Un gel de fonds empêche également tout bien d'être loué ou vendu. La mesure s'étend aussi aux tiers, puisqu'il est interdit pour tout citoyen ou entreprise, de fournir des ressources, des versements ou des biens, aux entités ou personnes désignées. Dans certains cas, les autorités nationales compétentes peuvent permettre certaines dérogations bien précises à un gel des avoirs, notamment pour satisfaire des besoins essentiels, par exemple l'achat de denrées alimentaires. Cette mesure permet dans le même temps, de prévenir l'entrée de ces individus sur un territoire.

    Le Conseil de Sécurité avait prescrit à tous les Etats de geler les ressources financières des Talibans d'Afghanistan, ayant un rapport avec Ben Laden. Un comité de sanctions a même été créé pour veiller à la bonne mise en œuvre par les Etats de mesure de gel de fonds. Ce comité tient également une liste d'individus soupçonnés avoir un lien avec une organisation terroriste.[(Il est toutefois possible de demander d'être enlevé de la liste. Cette liste est mise à jour tous les ans.]]

    L'Union européenne transpose les dispositions de l'ONU

    Les Etats de l'Union européenne ont soutenu cette politique de l'ONU, et ont estimé qu'une action de l'Union était nécessaire. Les mesures économiques, par exemple le gel d'avoir et les interdictions d'exportations, relèvent de la compétence de l'Union. C'est pourquoi elles doivent être mises en œuvre par un acte législatif prenant la forme d'un règlement du Conseil, directement contraignant pour les citoyens et les entreprises européens. Ce règlement est adopté sur la base d'une proposition de la Haute Représentante de l'Union pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, et de la Commission européenne. Il précise le champ d'application exact des mesures et les modalités de leur mise en œuvre. Le règlement entre ensuite en vigueur le jour suivant sa publication au Journal officiel de l'Union européenne. Au titre de l'article 215 du Traité de Fonctionnement de l'Union Européenne [2], le Parlement doit être informé quand de telles mesures sont mises en œuvre par l'Union européenne. Ainsi, le 27 décembre 2001, le Conseil a rendu un règlement [3] concernant l'adoption de mesures spécifiques à l'encontre de certaines personnes ou entités, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

    Ce règlement permet de compléter les procédures administratives et judiciaires relatives aux organisations terroristes, opérantes dans l'Union et les pays tiers. Plusieurs notions sont définies dans ce règlement, notamment celles de « fonds et autres avoirs financiers », « services bancaires et autres services financiers », pour permettre la lutte contre les différentes formes de terrorisme. Le règlement prévoit aussi des dérogations pour autoriser le dégel des avoirs dans certains cas spécifiques. Il prévoit la rédaction, la révision et la modification de la liste de personnes, de groupes et d'entités auxquels il s'applique. Cette liste est mise à jour par plusieurs règlements et mesures. En France, de telles mesures ont été renforcées par la loi du 23 janvier 2006, relative à la lutte contre le terrorisme, qui visait notamment à geler les avoirs financiers des organismes soupçonnés de servir des activités terroristes.

    Toutefois, certains Etats ont contesté des dispositions de cette politique, et ont considéré que certaines seraient attentatoires à la liberté de la circulation des personnes, capitaux et marchandises. De plus, certains citoyens sont venus contester la mesure de gel des avoirs qui leur a été appliquée.

    Une jurisprudence qui a fait vaciller cette législation

    La Cour de Justice de l'Union européenne a eu à juger de cela dans l'affaire « Kadi ». En l'espèce, M. Kadi, soupçonné d'être associé d'un bureau terroriste afghan, a souhaité intenter un recours contre le gel de ses fonds qui a été ordonné par l'Union européenne. C'est le Tribunal Pénal International qui a eu à trancher cette affaire en premier en 2005. Il rejette le recours contre cette inscription à la liste des personnes soupçonnées d'avoir un lieu avec une organisation terroriste. Le TPI considère également qu'il n'est pas compétent pour juger du cas de M. Kadi. L'affaire est donc portée devant la CJUE, qui rend un arrêt le 3 septembre 2008. Elle juge que le droit de l'Union européenne est indépendant des résolutions de l'ONU. La CJUE considère que les actes européens doivent pouvoir faire l'objet de contestation par des particuliers, notamment lorsque des atteintes à des droits fondamentaux sont en jeu. La Cour considère que le Conseil n'a pas communiqué au requérant les éléments retenus à sa charge fondant les mesures prises à son encontre. En l'espèce, le requérant, M. Kadi n'a pas pu faire connaître son point de vue, ses droits à la défense ont donc été violés.

    Cela remet en cause les modalités d'application des gels de fonds. La Cour considère qu'il faut que l'individu soit rapidement au courant de cette mesure qui lui a été portée, afin qu'il puisse exercer un droit de recours. Dans cet arrêt de 2008, la Cour se borne à statuer sur la forme, et non pas sur le fond. Ainsi, elle ne dit pas si elle considère que ces mesures sont justifiées ou non.

    Enfin, elle rend un arrêt, le 18 juillet 2013, en grande chambre. Là, la CJUE confirme sur le fond qu'il est possible d'exercer un contrôle juridictionnel sur de telles mesures. Elle considère également que, en dépit des soupçons portés sur M. Kadi d'avoir un lien avec le bureau afghan d'une organisation terroriste, son implication ne justifie pas l'adoption de mesures visant à geler ses avoirs. Au regard de l'insuffisance d'informations dans le dossier pour le maintien sur la liste, la Cour a donné une réponse favorable au requérant.

    De plus, dans l'arrêt du 28 juillet 2008 « Saadi contre Italie », le Conseil doit notifier aux personnes et entités soumises au gel de leurs avoirs des mesures prises à leur encontre. Par ailleurs, le Conseil doit leur énoncer les voies de recours possibles. Les personnes peuvent par exemple demander au Conseil de réétudier sa décision, ou attaque les mesures devant le Tribunal de l'Union européenne.

    La nouvelle directive relative au gel des avoirs initiée par la Commission européenne devrait permettre de redonner à l'Union européenne les moyens de poursuivre sa lutte contre le terrorisme en coupant les vivres à ceux qui y participent ou qui le soutiennent. Avec le renforcement de ces mesures, c'est aussi la garanti de recours qui est assuré, respectant ainsi les droits fondamentaux des personnes faisant l'objet de telles mesures.


    [1] Depuis la résolution a connu des renforcements, notamment avec la résolution 2231 (2015) des Nations Unies.

    [2] L'article 215 du TFUE dispose à l'alinéa 1 : « Lorsqu'une décision, adoptée conformément au chapitre 2 du titre V du traité sur l'Union européenne, prévoit l'interruption ou la réduction, en tout ou en partie, des relations économiques et financières avec un ou plusieurs pays tiers, le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, sur proposition conjointe du haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et de la Commission, adopte les mesures nécessaires. Il en informe le Parlement européen. »

    [3] Règlement (CE) no 2580/2001 du Conseil du 27 décembre 2001, [Journal officiel L 344 du 28.12.2001].


  • Capitales européennes de la culture 2016 : plutôt Wroclaw ou San Sebastian ?

    23 avril, par Lucie Pagnat — Culture & Histoire, , , ,

    Pour la 31e année consécutive, la culture est mise à l'honneur au sein de l'Union européenne grâce à deux villes portant cette année le label de capitale européenne de la culture : Wroclaw la polonaise et Saint-Sébastien l'espagnole.

    Wroclaw, la Venise polonaise

    Vous vous demandez surement pourquoi la quatrième ville de Pologne est ainsi désignée la petite Venise du Nord. Figurez vous que Wroclaw possède 120 ponts reliant les 12 îles de la ville formées par la traversée du fleuve Oder. Complètement détruite pendant la Seconde Guerre mondiale, Wroclaw est aujourd'hui resplendissante grâce à son identité et ses aspirations.

    En devenant cette année capitale européenne de la culture, Wroclaw accueillera la seconde édition de la cyber académie autour du thème de la « Cité digitale » prônant le développement urbain et multiculturel permettant une plus grande communication et une multitude d'échanges culturels.

    Côté architectural, le projet « Des espaces pour la beauté » vise à faire partager et réfléchir sur un triptyque particulièrement déterminant aujourd'hui qui regroupe : nature, communauté et architecture. D'éminents urbanistes et architectes viennent partager leurs visions et discuter de ce projet visant à façonner les identités de communautés locales grâce à la culture et à la création.

    Côté littéraire et théâtral, la ville va étendre sa capacité de programmes de recherche et de traduction littéraire. Elle consacrera l'édition du festival international du crime et du mystère à la fiction européenne du crime.

    La ville se métamorphose progressivement en une véritable « Bibliopolis ». Dès avril, Wroclaw a hérité également du titre donné par l'Unesco de Capitale mondiale du livre. De nombreuses pièces mettront en scène la culture à travers les frontières, faisant notamment références aux problèmes de circulation et à la crise de réfugiés qui touchent actuellement l'Europe.

    Côté cinéma, un programme d'éducation cinématographique a été élaboré de même qu'un master en cinéma européen. Ce dernier vise à présenter l'histoire et la diversité du cinéma du Vieux continent de la « Nouvelle vague » au mouvement « Nouveaux horizons » grâce à la venue de célèbres réalisateurs. Des rétrospectives sur le cinéma basque font le lien avec l'autre capitale européenne de la culture avec qui Wroclaw partage l'affiche.

    Saint-Sébastien navigue sur les « Vagues d'énergie citoyenne »

    Officiellement nommée Donostia en langue basque, cette ville est une station balnéaire réputée qui borde la mer cantabrique. Saint-Sébastien est une ville très cosmopolite depuis la Première Guerre mondiale : elle est mondialement connue depuis 1953 pour son Festival international du film et depuis 1966 pour son Festival de jazz.

    Son projet culturel de 2016 s'est axé autour d'un thème très évocateur : « Vagues d'énergie citoyenne ». Saint-Sébastien cherche ainsi à défendre l'idée que ce sont les initiatives citoyennes qui sont le réel moteur, l'énergie civique, à l'origine de tout changement ou transformation moderne. La citoyenneté est ainsi portée au rang d'acteur principal face aux défis mondiaux actuels. Saint-Sébastien s'élève comme un triple phare de la paix, de la vie et de la voix. Comme l'a très justement souligné la représentante de la Commission européenne, Saint-Sébastien veut cette année s'ériger « comme un trait d'union entre les communautés qui ont connu la souffrance et la discorde afin que la diversité culturelle puisse devenir la clef d'un monde plus pacifique ».

    Côté peinture, celle-ci mettra à l'honneur le projet « Europe Transit » qui verra des journalistes parcourir l'Europe, tels des ambassadeurs itinérants, afin de montrer les sites témoignant de la violence et de la guerre comme Sarajevo ou Belfast. Des expositions de grands artistes sont organisées autour de ce même thème afin d'initier et de confronter le public aux horreurs humaines du passé.

    Côté gastronomie, des chefs espagnols ouvriront leur cuisine afin de faire partager leur travail et de jumeler leur savoir-faire avec d'autres chefs européens pour offrir aux gourmands une fusion des saveurs culinaires.

    Côté art de rue, des artistes réhabiliteront du mobilier urbain tombé en désuétude, tout comme l'artiste Maider López qui réunit et métamorphose d'anciennes fontaines de la ville sur une même place.

    Cet article a été publié dans l'édition strasbourgeoise du Taurillon, le Taurillon en Flam's.


  • Législatives : L’avenir européen de la Serbie en jeu

    22 avril, par Otel Mihaela — Actualités, , ,

    Déjà engagée dans le processus d'adhésion à l'Union européenne en tant qu'Etat candidat, la Serbie se fixe comme échéance l'année 2020 pour entrer dans l'Union. Face à l'afflux de réfugiés, le président serbe a convoqué des élections législatives anticipées pour réaffirmer sa majorité au Parlement et ainsi confirmer la voie européenne qu'il s'attèle à tracer.

    La Serbie, pays indépendant depuis 2008, a fait les premiers pas vers l'adhésion à l'Union européenne en décembre 2009. Le 2 mars 2012, le Conseil européen lui a accordé le statut de candidat officiel, dans l'espoir de devenir le 29e membre de l'Union en 2020. Fin décembre 2015, la Serbie a ouvert les deux premiers chapitres de négociations d'adhésion à l'Union européenne dans le sillage de la normalisation de ses relations avec le Kosovo.

    Le pays face à la crise des réfugiés

    À côté d'un long et difficile processus d'adhésion à l'Union européenne, la Serbie, située comme les autres pays de la région sur la « route balkanique », est confrontée à une grave crise migratoire. Des centaines de réfugiés sont bloqués entre la Macédoine et la Serbie. Ces groupes de réfugiés, composés pour moitié de femmes et d'enfants ont été bloqués par la police serbe, sans explications. Une partie de ces réfugiés est pourtant en possession de documents d'enregistrement et est originaire de zones de guerre. Selon les accords en cours entre les pays traversés par la route des Balkans, ces migrants auraient dû passer. Lorsque certains d'entre eux ont tenté de retourner au camp de Tabanovce, la police macédonienne est intervenue et ils ont alors été bloqués, là encore sans explication. Les organisations humanitaires leur ont distribué dans l'urgence des tentes et quelques provisions. A présent, l'accord entre les Etats de la région, négocié avec l'Autriche, a considérablement verrouillé les frontières, retenant ainsi les réfugiés en Grèce depuis le printemps.

    Des élections anticipées pour assurer l'avenir européen de la Serbie

    Vu les difficultés auxquelles la Serbie est actuellement confrontée, le Premier ministre serbe Aleksandar Vucic a annoncé l'organisation d'élections législatives anticipées. Le Parti progressiste serbe (SNS) de Vucic a largement remporté les dernières élections en mars 2014 et bénéficie toujours d'un large soutien populaire selon les sondages, malgré la baisse des salaires dans le secteur public et celle des retraites. « J'ai décidé de nouvelles élections, pour la victoire, pour l'avenir de la Serbie », a déclaré Aleksandar Vucic lors d'une réunion de la direction du SNS à Belgrade.

    Tomislav Nikolic, le président serbe, a convoqué les élections législatives anticipées pour le 24 avril 2016, un troisième scrutin en quatre ans. « Je viens de signer l'acte sur la dissolution du Parlement et la décision de convoquer des élections pour le 24 avril », a-t-il dit dans une intervention en direct à la télévision d'État.

    Le gouvernement serbe cherche à obtenir un nouveau mandat, deux ans avant l'échéance constitutionnelle de quatre ans, pour déterminer sans équivoque la marche du pays vers l'avenir, mener à bien les réformes et permettre au pays de frapper aux portes de l'Union européenne. « Ces élections seront un référendum pour savoir si la Serbie veut être un État européen moderne d'ici à 2020 », a déclaré le Premier ministre Aleksandar Vucic. Un enjeu de taille qui pèsera dans le scrutin du 24 avril prochain.

    Cet article a été publié dans l'édition bordelaise du Taurillon, le Taurillon dans l'Arène, en mars 2016.



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