Les Jeunes Européens France
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  • Les Ecossais ont dit no

    19 septembre, par Les Jeunes Européens France — Les prises de position des Jeunes Européens-France, ,
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    Au lendemain du référendum historique de l'Ecosse, qui s'est prononcée sur son indépendance, et à l'annonce des résultats. Les Jeunes Européens - France réagissent aux résultats et formulent leurs souhaits pour l'avenir du Royaume-Uni.

    Prenant acte du vote des citoyens écossais et du débat démocratique qui a animé ces dernières années la société civile écossaise, britannique et européenne, nous, les Jeunes Européens - France appelons au respect du choix des Écossais. Le non remporte ainsi le référendum écossais par 55,42 % contre 44,58 % pour le oui.

    Nous saluons le débat démocratique et apaisé, qui a traversé l'Europe pendant deux ans à propos de l'indépendance écossaise. Ce débat a soulevé de nombreuses questions dans plusieurs pays européens, ainsi qu'au cœur des institutions de l'Union. Il a également suscité le débat parmi les fédéralistes européens et un questionnement sur la compatibilité des mouvements indépendantistes et du fédéralisme européen. La place de la jeunesse dans le débat autour de l'indépendance est à saluer, tout comme l'important taux de participation du scrutin, dépassant les 85%, un scrutin qui a passionné les Écossais et les Européens.

    Nous prenons également acte des promesses de fédéralisation du Royaume-Uni portées par le gouvernement britannique et les partis d'opposition. Ces promesses ne doivent pas rester lettre morte. Une fédéralisation accrue du Royaume-Uni permettrait de rapprocher les citoyens de leurs instances de décisions, ce qui participe à rendre plus effective la démocratie. L'Ecosse, qui n'a pas souhaité se désolidariser du Royaume-Uni, doit pouvoir accroître son autonomie dans l'union britannique, tout comme les autres nations du Royaume-Uni.

    Nous, Jeunes Européens - France, saluons la démarche des citoyens écossais et prenons acte de leur choix. Nous veillerons à ce que les prises de position pour une fédéralisation accrue du Royaume-Uni soient suivies d'actes concrets.


  • Les maires d’Europe pour un “New Deal for Europe”

    19 septembre, par la Rédaction du Taurillon — Associations,
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    La rédaction du Taurillon publie une déclaration conjointe des maires de Turin et de Lyon, respectivement Piero Fassino et Gérard Collomb, qui soutiennent l'initiative citoyenne NewDeal4Europe. Maires d'Europe, il n'en tient qu'à vous de leur emboîter le pas.

    La vie sociale et économique de nos villes est profondément influencée par les choix effectués au niveau européen dans les secteurs des politiques monétaire et budgétaire. Les récentes politiques d'assainissement, bien que nécessaires, ne sont toutefois pas suffisantes pour remettre en marche un développement capable de relancer la croissance économique et l'emploi.

    Avec une plus petite quantité de ressources financières à leur disposition, les pouvoirs locaux ont des difficultés à assurer les services publics à leurs concitoyens. Cela va au détriment du niveau de protection et de cohésion sociale, de l'instruction et de la formation des jeunes générations, de la défense de l'environnement et du territoire. Les politiques locales en faveur du développement de la petite et moyenne entreprise, de l'artisanat et du commerce en pâtissent également.

    Il est nécessaire au niveau européen, là où il serait possible de définir une politique économique efficace, de faire démarrer un “Plan européen de développement” destiné à dépasser la phase de récession qui étouffe l'économie européenne.

    C'est seulement au niveau continental que peuvent s'effectuer des investissements productifs, efficaces et massifs, dans les secteurs stratégiques dont dépend l'avenir de l'Europe (recherche et développement, énergies alternatives et protection de l'environnement, grandes infrastructures de réseaux matériels et immatériels, etc.), afin de lui rendre sa compétitivité dans le monde.

    Seul un “Plan européen” destiné à mettre en place ces investissements peut fournir aux acteurs économiques et politiques l'indication des objectifs et la direction de la marche à suivre.

    Seul un “Plan européen” alimenté par des “ressources propres” de l'Union européenne peut être crédible aux yeux des investisseurs.

    Il faut une initiative forte dans cette direction : ”l'Initiative citoyenne européenne” pour un “Plan européen extraordinaire de développement durable et pour l'emploi”, qui vise à recueillir un million de signatures dans au moins sept pays de l'UE, va justement dans cette perspective.

    Promue par le Movimento Federalista Europeo et par des dizaines d'associations de la société civile dans divers pays européens, elle est soutenue par l'Associazione Nazionale dei Comuni italiani.

    Nous, Maires d'Europe, · exprimons notre soutien à une initiative qui voit nos concitoyens être les protagonistes de la demande d'une Europe orientée vers le “développement durable et l'emploi” ; · nous en partageons les finalités, convaincus que cette demande de participation constitue également un élément important pour le développement de la démocratie européenne, dans la perspective d'une Europe démocratique et fédérale ; · nous invitons les villes d'Europe à créer un “réseau” en soutien de l'ICE “New Deal 4 Europe” et à favoriser le recueil des signatures des citoyens, pour développer la participation civique autour de l'objectif d'une Union européenne, facteur de croissance, de développement et source de progrès principalement en faveur des jeunes générations.

    Piero Fassino Maire de Turin

    Gérard Collomb Maire de Lyon


  • Fédéralisme et indépendantisme, opposition ou complémentarité ?

    18 septembre, par Ferghane Azihari — Fédéralisme, ,
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    Entre les manifestations à l'occasion de la fête nationale catalane, la poussée des séparatistes flamands et l'hypothèse de plus en plus crédible de l'indépendance écossaise, il semble que la « vieille » Europe telle qu'on la connait depuis deux siècles soit sur le point de tirer sa révérence. À l'heure où la construction européenne tente tant bien que mal de dépasser l'État-nation, comment l'euro-fédéralisme peut-il se situer par rapport à ces velléités indépendantistes qui utilisent justement l'idéologie nationaliste pour se justifier ?

    Deux philosophies a priori incompatibles

    On peut a priori considérer que l'indépendantisme résulte de l'échec du fédéralisme. Certes, le Royaume-Uni et l'Espagne n'étaient pas des États proprement fédéraux quoi que la culture de la subsidiarité y est beaucoup plus développée que dans d'autres pays européens comme la France. Mais au plan politique, l'éthique de la subsidiarité propre au fédéralisme a justement l'ambition d'éviter le développement d'aspirations indépendantistes pour au contraire consacrer l'unité dans la diversité. C'est ainsi que la France jacobine, pour atténuer les indépendantismes sur certaines parties de son territoire (comme en Corse) a du lâcher du lest en conférant un semblant d'autonomie politique dans certains domaines. Dans cette perspective, le fédéraliste peut légitimement regarder ces indépendantismes avec un air méfiant, d'autant plus quand on constate que ces derniers se fondent sur des considérations identitaires (nationalisme) pour se justifier. Pourtant si l'on regarde les évènements avec un peu plus de hauteur, on constate que les indépendantismes ne font que récupérer l'idéologie des États-nations pour la retourner contre ces derniers. En d'autres termes, c'est le nationalisme espagnol qui entretient le nationalisme catalan, le nationalisme britannique qui entretient le nationalisme écossais et le nationalisme belge qui nourrit le nationalisme flamand. Il aurait été beaucoup plus difficile pour les séparatistes d'opposer des arguments nationalistes à un État rationnellement fondé. Il faut enfin remarquer que ces régionalismes sont à certains égards beaucoup moins complexés vis-à-vis de l'intégration européenne que ne le sont les « Grandes Nations ». Cette considération tend in fine à tempérer voire annuler la fausse opposition entre l'indépendantisme et le fédéralisme. On peut même considérer que le premier est l'évolution du second.

    Deux philosophies a posteriori complémentaires

    Le fédéralisme a l'ambition de consacrer une éthique de la subsidiarité pour garantir une décentralisation maximale de l'exercice de la souveraineté. Il s'agit de faire en sorte que le pouvoir politique soit, sur le plan intérieur, le plus respectueux possible de la diversité des réalités individuelles et corrélativement de l'idéal démocratique. C'est une démarche proprement libérale. Or si l'on y réfléchit bien, l'indépendantisme, en soi, ne s'éloigne pas tant que ça de la finalité du fédéralisme. Au contraire. On peut considérer que l'indépendantisme consacre une éthique de la subsidiarité pour garantir une décentralisation maximale de la détention de la souveraineté. Il s'agirait de faire en sorte que le pouvoir politique soit, sur le plan international, le plus respectueux possible de la diversité des réalités individuelles et corrélativement de l'idéal démocratique. Cela ne consiste finalement qu'à radicaliser la démarche libérale/fédérale précédente. Dans cette hypothèse en effet, les régions nouvellement investies de la souveraineté siègeraient directement dans les instances internationales sans intermédiaire étatique contrairement à la situation actuelle. Le fait de rapprocher les instances internationales (par exemple l'UE, le FMI, l'ONU…) des territoires les rendent beaucoup plus respectueux des réalités locales qui sont les premières réalités individuelles et sociales. En d'autres termes, il ne faut pas avoir peur du démantèlement organisé des vieux États-nations tant qu'il se déroule selon les règles constitutionnelles propres à chaque État. Ce démantèlement est en vérité la condition sine qua non de l'épanouissement de la démocratie en Europe grâce à la naissance d'entités politiques souveraines plus petites et donc plus représentatives des intérêts des citoyens qui les composent.

    Certes il est encore désolant que ces nouvelles entités se bornent à reproduire le paradigme de l'État-nation à leur propre échelle. Il n'empêche que le nationalisme tend à être moins vigoureux et moins dangereux lorsque l'État est plus petit. De quoi être plus clément avec eux tout en gardant l'espoir du triomphe progressif du post-nationalisme au nom de l'universalité propre à la raison qui fonde la liberté.


  • Lettre ouverte aux membres du Parlement européen

    17 septembre, par Jean-Francis Billion, Jean-Luc Prevel — Associations,
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    Le Taurillon publie aujourd'hui une lettre ouverte aux eurodéputés en faveur d'un New Deal européen. La crise économique et sociale, profonde et durable, que connaît notre continent appelle une réponse européenne de taille. Cette réponse, c'est l'ICE New Deal 4 Europe.

    Turin, Lyon, le 19 juillet 2014

    Les élections européennes de mai 2014 ont sans aucun doute marqué un tournant dans les relations entre le Parlement européen et le Conseil européen à cause de la décision prise par les principaux partis européens de proposer leurs propres candidats pour la Présidence de la Commission européenne.

    Avec la nomination de Jean-Claude Juncker, le Conseil européen a de facto admis le rôle primordial du Parlement européen dans le choix du Président de la Commission européenne. Ce changement aura des conséquences profondes pour l'avenir de l'Union européenne. En effet, il ne s'agit pas uniquement d'un pas crucial vers une démocratie européenne véritable, mais cette volonté contribue, dans le même temps à une implication plus profonde du Parlement européen dans les décisions qui seront prises au niveau européen dans le domaine économique.

    En effet, un tel Parlement européen, sera capable de demander à la Commission européenne un « Plan pour le développement durable et l'emploi » que nous considérons comme nécessaire pour que l'Europe sorte de la crise actuelle.

    Un Plan consistant en des investissements pour la recherche dans les domaines des sciences et de la technologie, pour des ressources renouvelables et la protection de l'environnement et du territoire européen, pour les infrastructures et l'énergie, et pour la création de nouveaux emplois décents pour la jeune génération.

    Cette proposition n'est en effet pas issue seulement d'une volonté politique (cf. le discours d'ouverture de la Présidence italienne de l'Union européenne ainsi que l'intervention du gouvernement français et d'autres dirigeants européens) mais elle manifeste en même temps la volonté de la société civile européenne.

    L'Initiative citoyenne européenne (ICE), NewDeal4Europe, a été lancée en mars 2014 avec comme objectif l'accomplissement de ce nouveau Plan, vital pour une reconstruction européenne et pour demander à la nouvelle Commission, après avoir récolté un million de signatures de citoyen(ne)s d'au moins sept Etats membres de l'Union européenne, un « Plan européen pour le développement durable et pour l'emploi », financé par des ressources propres supplémentaire de l'UE.

    Il s'agit d'un vrai “New Deal for Europe” avec comme résultats potentiels : rendre les industries européennes à nouveau compétitives, réduire la dépendance énergétique de notre continent à l'égard des ressources importées de l'extérieur de l'Europe (une nouvelle Union européenne de l'énergie pour mettre nos ressources en commun), créer des centres d'excellence pour la recherche et l'innovation, protéger notre héritage culturel immense et unique et créer un fonds spécial pour l'emploi des jeunes.

    A ce jour, quelques dizaines d'associations issues de la société civile sont impliquées dans toute l'Europe pour collecter le million de signatures nécessaire d'ici mars 2015. Notre conviction, c'est que le rôle des nouveaux membres du Parlement européen peut être décisif pour garantir le succès de cette Initiative citoyenne européenne et l'aider à atteindre un meilleur résultat que le minimum requis.

    La réussite du New Deal européen représenterait un succès pour le Parlement européen qui pourrait aussi : · stimuler l'action de la Commission européenne en esquissant les lignes directrices de ce Plan européen et son contenu (par des calculs quantitatifs et des évaluations qualitatives des ressources nécessaires et de leur répartition) et de cette façon d'anticiper toute autre décision dans le domaine des politiques européennes de l'économie, monopole, jusqu'à présent, des gouvernements nationaux ; · créer un débat européen au sujet de ce Plan européen en y impliquant l'opinion publique, et en encourageant la démocratie participative.

    Le Parlement européen serait alors placé au cœur de la politique européenne en réduisant la désaffection des citoyens européens à l'égard des institutions européennes et en dépassant l'euroscepticisme répandu. Enfin, cela rendrait la perspective de réformes des institutions européennes, plus viable et susceptible de réussir.

    Nous vous remercions de votre attention et vous demandons de considérer avec bienveillance les actions que nous proposons ci-joint pour soutenir la campagne du New Deal 4 Europe. Nous demeurons, par ailleurs à votre disposition pour toute question ou clarification supplémentaire.

    Recevez, Madame, Monsieur, le Parlementaire européen, l'expression de notre meilleure considération.


  • Référendum : nous sommes tous écossais !

    16 septembre, par Artus Galiay, Traduit par Charles Nonne — Opinions, ,
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    L'Écosse n'a jamais été aussi près de sortir du Royaume-Uni. Or, le débat sur son indépendance est crucial pour tous les Européens. Ce qui est aujourd'hui en jeu, c'est avant tout l'essence de l'unité européenne : ensemble, nous sommes plus forts.

    Toujours plus proche de la sortie…

    Le lundi 8 septembre, pour la première fois depuis le lancement de la campagne sur le référendum pour l'indépendance de l'Écosse, un sondage a donné une courte victoire au « oui » (47 % pour le « oui », 45 % pour le « non » et 8 % d'indécis). Ce résultat est à mettre en perspective avec l'écart de 22 points en faveur du « non » observé il y a à peine deux mois, devenu un écart de 6 points il y a deux semaines, juste avant que le « oui » ne passe en tête. Si plusieurs analystes ont souligné qu'il ne s'agit que d'un seul sondage et bien que les autres sondages donnent des résultats trop serrés pour en tirer des conclusions définitives, la tendance est bel et bien en faveur du « oui ».

    Depuis le début de la campagne sur le référendum, les camps Yes Scotland et Better Together ont âprement débattu des avantages et inconvénients de ces 307 années de mariage entre l'Écosse et le Royaume-Uni. Plusieurs personnalités britanniques et européennes (notamment la reine Elizabeth II) sont restées neutres, affirmant que c'était aux Écossais de décider. Elles ont ainsi implicitement sous-entendu que ce débat (union politique vs démantèlement) n'avait d'importance que pour le peuple écossais. Cette hypothèse est fausse : le débat écossais pourrait parfaitement se poser dans les mêmes termes en Catalogne, au Pays basque, en Belgique ou dans n'importe quelle région d'Europe où des aspirations régionalistes prospèrent. La controverse est particulièrement épineuse en ce que s'y mêlent aspirations légitimes pour plus de décentralisation et d'autonomie (promue par l'UE à travers le principe de subsidiarité) et revendications délétères, voire haineuses.

    Aspirations légitimes ou nationalisme ?

    Certaines revendications régionalistes sont parfaitement légitimes. Elles sont très souvent explicables par un appétit pour la démocratie locale, un souhait que l'action citoyenne puisse avoir un impact direct sur le quotidien des individus. La démocratie locale rendrait les citoyens plus responsables et davantage maîtres de leur destin, et tout simplement plus efficaces : si certains dossiers sont mieux gérés au niveau local, pourquoi les élever au niveau national ? Cependant, de tels arguments sont souvent utilisés par des nationalistes ou « régionalistes » avec des objectifs tout autres, comme se soustraire à la tutelle d'une entité plus large qu'ils exècrent. Cette instrumentalisation nationaliste d'arguments initialement légitimes existe partout en Europe. Si elle n'était pas remise en cause, elle pourrait tout simplement conduire au morcellement de notre continent et à la fin du projet européen dans son ensemble.

    Afin de séparer ces revendications semblables, mais très distinctes, il est essentiel d'analyser le caractère « exclusif » ou non du sentiment individuel d'appartenance. Les identités sont multiples, tout particulièrement en Europe où deux mille ans d'histoire ont produit des modèles culturels et socioéconomiques uniques. Cette diversité peut être interprétée de deux façons : on peut se sentir attaché à une unique identité spécifique (une ville, une région, un pays, etc.), ou accepter que nos identités soient cumulatives et complémentaires. Le projet européen est certainement construit sur ce second paradigme : le slogan « ma région, mon pays et l'Europe » constitue à ce titre le triptyque fondamental de l'identité européenne. Tous les discours qui ne se focalisent que sur l'un de ces trois piliers (y-compris ceux qui appellent à une identité exclusivement européenne qui ferait fi des particularismes régionaux et nationaux) sont erronés. Ils s'apparentent en effet à une certaine forme de totalitarisme, en ce qu'ils cherchent à imposer une identité unique et exclusive à des populations diverses dans leur essence. Le référendum écossais va clairement en ce sens et ne saurait être entièrement apparenté à une juste revendication pour plus d'autonomie.

    L'indépendance totale, une illusion

    L'une des questions les plus importantes de cette campagne est de savoir si le Royaume-Uni accepterait de partager la livre sterling avec une Écosse indépendante. Seules les solutions d'une union monétaire tiennent la route, que ce soit avec le Royaume-Uni ou la zone euro. Dans un tel scénario, comment les nationalistes peuvent-ils penser que la situation sera meilleure une fois indépendants ? Demandez aux Grecs, aux Irlandais, aux Portugais, aux Chypriotes ou aux Espagnols à quoi ressemble l'indépendance au sein d'une union monétaire. La crise de l'euro montre à quel point le projet d'une monnaie unique est irréalisable et insoutenable sans une union politique… union politique que les Écossais et le Royaume-Uni ont justement entretenue jusqu'à aujourd'hui ! Comme l'a récemment souligné Mark Carney, gouverneur de la Banque d'Angleterre, « une union monétaire est incompatible avec le concept de souveraineté ». Une Écosse indépendante, mais utilisant la livre comme monnaie pourrait avoir une autonomie moindre face à Londres, comparée à celle dont elle jouit aujourd'hui. Dans un monde globalisé, le seul moyen de préserver la souveraineté nationale est de la partager, et le statut actuel de l'Écosse est probablement meilleur que n'importe quelle autre configuration pouvant résulter de son indépendance.

    Pro-européen ? Vraiment ?

    L'un des arguments d'Alex Salmond est que l'Écosse souhaite demeurer dans l'Union européenne, Union que le Royaume-Uni envisage de quitter dès 2017. Cette manifestation d'euro-enthousiasme semble incongrue, venant d'un nationaliste. En réalité, si les nationalistes prétendent qu'ils sont « culturellement différents » du reste du Royaume-Uni, à tel point qu'ils demandent l'indépendance, comme pourront-ils gérer leurs différences avec les Français, Espagnols, Italiens, Polonais, Estoniens, Grecs, et tous les autres citoyens de l'Union ? L'Europe a pour devise « Unie dans la diversité », à tous les niveaux : il est impossible de n'invoquer ce principe qu'au niveau européen pour ensuite le mépriser au niveau national. De ce point de vue, David Cameron a également fait preuve de maladresse en mobilisant des arguments contradictoires : il a ainsi promu tous les bienfaits d'une union dans la diversité, un marché unique et une coopération politique à l'échelle du Royaume, tout en s'y opposant farouchement à l'échelle européenne.

    Par ailleurs, une sécession écossaise du Royaume-Uni pourrait bel et bien engendrer un « effet papillon » aboutissant in fine à la déconstruction de l'Europe. Un Royaume-Uni séparé de l'Écosse pourrait être encore plus conservateur et enclin à quitter l'UE. D'autres régions – Catalogne en tête – pourraient faire davantage pression pour obtenir leur indépendance, tandis que d'autres mouvements nationalistes régionaux ou nationaux pourraient chercher à suivre la vague du démembrement. Nous savons tous comment l'Europe peut finir si elle se désunit.

    Par conséquent, chers amis écossais, dites non au nationalisme et oui à l'unité le 18 septembre 2014 : nous serons toujours plus forts ensemble !


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