Les Jeunes Européens France
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  • Conseils européens de Juin et Juillet : la tension monte

    23 juillet, par Dominique Thaury — Actualité
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    26 Juin – 16 juillet 2014 : 3 semaines qui vont marquer en Europe.

    Les 26 et 27 juin, lors du Conseil européen, les chefs d'État et de gouvernements ont proposé Mr Juncker (tête de liste européenne du parti PPE, vainqueur des élections du 25 mai) comme président de la Commission européenne pour la période 2014/2019.

    Nous ne pouvons que nous réjouir de voir le Conseil suivre l'esprit du Traité sur l'Union européenne (TUE) de 2008 (art 7 §7), mais aussi une motion de l'UEF Europe, qui avait fait un certain bruit, « choisissez votre candidat » (2008) et enfin la résolution sur le même thème votée en juillet 2013 par le Parlement Européen à une très large majorité.

    C'est donc un « vieux » combat qui aboutit.

    Le 16 juillet, c'est le Conseil Européen « extraordinaire » pour nommer le Haut représentant pour les Affaires étrangères et la sécurité, ainsi que le président du Conseil européen.

    Dès le début du Conseil, les chefs d'État et de Gouvernement se rendent compte qu'ils sont dans l'incapacité de nommer quelqu'un à ces 2 postes dans la mesure où la Commission n'est pas nommée et où certains équilibres doivent être trouvés à partir de cette nomination.

    Mr Juncker, élu largement le 15 juillet par le Parlement européen comme président de Commission, en a profité pour indiquer, fermement au Conseil que les désignations de tous les commissaires sont sous sa responsabilité (TUE, art 17 §6), à l'exception du Haut Représentant, où il partage la responsabilité avec le Conseil (TUE, art 18 §1).

    En gros : aux États de proposer des noms (puisque nous en sommes malheureusement encore à la règle : 1 pays = 1 commissaire), Mr Juncker se chargera de les mette au bon endroit…

    Ceci n'empêchera certainement pas tout magouillage, mais la prise de position de Mr Juncker est révélatrice de sa volonté de ne pas être gouverné, comme d'autres titulaires de la fonction l'ont été auparavant , mais bien de gouverner. Il y a donc eu, au cours de ces 2 réunions, une évolution du Conseil européen vers plus de transparence. Il faut noter que les positions de Mr Juncker laissent espérer que la démocratie va reprendre ses droits et que les institutions parlementaires européennes joueront pleinement leur rôle. Nous pouvons espérer que nous reviendrons, après une trop longue période où l'intergouvernemental a régné en maître, au texte de l'article 10 §1 du TUE : « Le fonctionnement de l'Union est fondé sur la démocratie représentative ».

    Tout ceci est bel et bon, mais… Mais, comme toujours, en lisant de plus près les conclusions du Conseil des 26-27 juin, on voit apparaître ces mots : « Une fois que la nouvelle Commission européenne aura été effectivement mise en place, le Conseil Européen examinera le processus futur de nomination du président de la Commission européenne, dans le respect des traités européens ».

    Que vient faire ce texte dans le communiqué final ?

    Ceci signifie que, cette fois-ci, le Parlement européen, en forçant un peu la main au Conseil européen, avec la résolution de juillet 2013, sur la présidence de la Commission, a dérangé l'unanimité de façade affichée jusqu'à présent sur cette nomination, mais qu'il a aussi « osé » se mettre en travers des combinaisons internes qui prévalaient jusqu'alors, en faisant désigner des candidats à cette présidence par les partis européens.

    Les membres du Conseil européen sont donc furieux de cette intrusion des parlementaires dans leurs arrangements. La Grande-Bretagne, bien sûr, mais aussi la Suède, les Pays-Bas, la Hongrie et, sans le dire ouvertement, l'Allemagne, ont voulu torpiller cette avancée et empêcher, ainsi, cette démarche vers une démocratie parlementaire européenne.

    On sait qu'il a fallu tout le poids des parlementaires allemands, et en particulier CDU, pour faire rentrer madame Merkel dans le rang. Grâce leur en soit rendue ! Cette petite phrase dans les conclusions finales montre bien que le Conseil souhaite réexaminer la procédure de nomination du président de la Commission car il trouve, peut-être que, vraiment, cette année, on est vraiment allé trop loin dans la transparence ! Lamentable de la part de nos dirigeants, qui prétendent disposer, seuls, de la légitimité démocratique !

    Cette « nouvelle » idée du Conseil européen pourrait cependant s'avérer fort bénéfique pour les idées fédérales.

    Si le Conseil européen veut modifier l'article 17§7 du TUE, le Parlement européen doit déclarer que, s'agissant d'une modification substantielle du T.U.E., on se trouverait d'évidence dans le cas d'une révision ordinaire des traités (article 48, §2 à 5 du TUE).

    Le Parlement est alors automatiquement consulté et doit approuver la ou les modifications proposées. Considérant que la façon dont a été nommé J.C. Juncker doit dorénavant faire jurisprudence et que toute modification de cet article du TUE serait substantielle, le Parlement et la Commission seraient en droit de demander la convocation d'une Convention.

    À ce moment, le Parlement devrait exiger, que la dite Convention soit consacrée à un toilettage plus étendu des textes du TUE pour lui donner une tournure plus fédérale en revenant aussi, par exemple, sur le droit de veto, sur le nombre des commissaires, sur la procédure de nomination des commissaires, en abordant la question des ressources propres de l'UE, et l'idée de nouvelles politiques communes (énergie, immigration, fiscalité et défense entre autres) etc….

    Le combat entre le Conseil européen et le Parlement européen risque fort, dès lors, d'être féroce et, nous, Fédéralistes Européens, devrons soutenir et aider les parlementaires à faire « plier » les chefs d'États et de gouvernements.

    La vengeance est un plat qui se mange froid… mais qui mangera l'autre ?


  • Kant et les autruches ?

    22 juillet, par Sylvie Goulard — Opinions, ,
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    Alors que les Etats membres proposent des candidats à la Commission européenne, l'eurodéputée Sylvie Goulard (ADLE) revient sur l'enjeu de la parité dans la composition du futur exécutif européen.

    Peut-on se dire favorable à un objectif et ne rien faire pour qu'il soit atteint ? Ce n'est pas le dernier sujet de philosophie au baccalauréat mais l'une des questions clés pour l'avenir de l'Europe, que nos dirigeants affrontaient lors du Conseil européen.

    Comme cela semble naturel en 2014, Jean-Claude Juncker, le nouveau Président de la Commission européenne, a exprimé le vœu de diriger une équipe comptant un nombre équilibré d'hommes et de femmes. Cela suppose qu'une bonne douzaine d'États membres proposent des candidates sérieuses (27 postes restant à pourvoir). Il ne s'agit pas d'une formalité : de nombreux députés européens font du respect de la parité, une condition de leur vote de confiance à la Commission. Le président du Parlement européen, Martin Schulz, socialiste, a lui-même affirmé que sans parité, le collège risquait d'être rejeté.

    À l'exception de l'Italie, la plupart des États qui se prétendent « grands » paraissent décidés à ne proposer que des hommes. Le Royaume-Uni a déjà désigné Lord Hill. En Allemagne, en France, ce sont des candidats qui semblent favoris. Cela signifie-t-il que l'effort doit porter sur les seuls « petits » pays ? Et, sans vouloir faire de peine à Matteo Renzi, faut-il conforter l'idée que le poste de Haut Représentant est « réservé aux femmes » alors que les grandes capitales ont systématiquement mis des bâtons dans les roues de Mme Ashton, vidant son portefeuille d'une partie de sa substance ? Cette attitude est non seulement machiste et rétrograde mais elle est dangereuse. Elle consiste à faire l'autruche au lieu de prendre sa part de la responsabilité collective.

    Elle montre combien nos dirigeants ont du mal à travailler en équipe. Transposée aux questions de changement climatique, de réduction de la dette ou de partage du fardeau des demandeurs d'asile, elle fait frémir : elle signifierait en effet que la dérobade est érigée en principe de gouvernement.

    Au baccalauréat, on attendrait du candidat qu'il mentionne Kant et son « impératif catégorique » en vertu duquel chacun doit considérer le bien commun comme dépendant de son action individuelle.

    Le sens des responsabilités invite à contribuer activement à un objectif qu'on affiche. En pratique, une bonne solution consisterait, pour chaque pays, à proposer à Jean-Claude Juncker au moins un homme et une femme. L'enjeu est aujourd'hui la parité, il pourra être encore plus vital demain. Les grands pays sont-ils des leaders ou des passagers clandestins ?


  • Peu importe l’influence française au Parlement européen !

    21 juillet, par Ferghane Azihari — Actualité
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    Alors que les médias n'ont cessé de clamer la victoire du Front national lors des dernières élections européennes (qui ne dispose que de 24 eurodéputés au sein d'une assemblée qui en contient 751 sans être capable de former un groupe parlementaire), ils suivent désormais avec attention les rapports de force en vue de l'attribution des postes clefs de l'enceinte strasbourgeoise [1]. À en croire la plupart des médias, la France aurait perdu de l'influence à Strasbourg. Ce n'est pourtant pas comme cela qu'il faut regarder ces événements.

    Les eurodéputés ne sont pas des ambassadeurs nationaux

    Il est désolant que la quasi-totalité des médias & think tanks, y compris les plus eurocentrés [2] [3] [4], sont incapables de regarder le Parlement strasbourgeois autrement qu'à travers le prisme de rapports diplomatiques entre émissaires nationaux. Ce nationalisme méthodologique fait partie des facteurs qui nuisent à l'émergence d'une culture politique proprement européenne. Il entretient l'idée que l'UE ne serait qu'un espace étranger dédié à la confrontation d'intérêts nationaux. Pourtant les eurodéputés sont élus par des individus titulaires d'une citoyenneté transnationale. Cela signifie que leurs électeurs ne partagent pas nécessairement leur(s) nationalité(s). C'est pourquoi le rôle du Parlement européen consiste à représenter les intérêts des citoyens indépendamment de leur(s) nationalité(s) et non ceux des gouvernements (contrairement à ce que laisse entrevoir l'attitude de ces derniers). Surtout quand les deux s'opposent lorsque les États sont tentés de confisquer le pouvoir au détriment des citoyens.

    La démocratie européenne reste une vue de l'esprit

    L'Europe est encore bien loin d'une véritable démocratie parlementaire contrairement aux affirmations de certains observateurs sans doute encore un peu trop optimistes [5]. Aussi longtemps que le nationalisme méthodologique dominera les médias, y compris dans la perception de l'exécutif européen, l'Europe ne sera pas dotée de sa propre légitimité démocratique. Mais ce nationalisme méthodologique n'est pas une fatalité. La sphère médiatique est tout simplement victime d'un système institutionnel qui l'entretient volontairement par le biais de l'hégémonie des institutions diplomatiques. Le Conseil européen s'octroie le droit d'écrire le programme de la Commission. Les institutions diplomatiques telles que le Mécanisme Européen de Stabilité et l'Eurogroupe gardent la main sur la gouvernance économique européenne en échappant à tout contrôle parlementaire, méprisant ainsi les considérations démocratiques les plus élémentaires. Le Conseil de l'Union, organe le plus puissant du triangle institutionnel, cumule exécutif et législatif tout en étant politiquement irresponsable. Autant d'aspects qui nuisent au dépassement du paradigme nationaliste dans le traitement médiatique voire scientifique des questions européennes.

    Dépasser le prisme de l'État-nation dans le traitement des questions européennes

    Fédéraliser les institutions inter-gouvernementales

    Le premier réflexe pour dépasser cette lecture biaisée des questions européennes consiste à politiser avant toute chose les institutions inter-gouvernementales (qui à terme doivent fusionner). Deux méthodes sont possibles. La première, la moins réaliste, consiste à faire converger les calendriers électoraux de tous les gouvernements nationaux. Les institutions inter-gouvernementales seraient ainsi entièrement renouvelées selon un processus démocratique uniformisée, ce qui éradiquerait, ou du moins tempérerait, la culture diplomatique au sein d'institutions qui seraient désormais rythmées par des rapports de force idéologiques partisans et non plus technocratiques. La seconde approche plus réaliste se situe dans la même perspective. Elle consisterait à renouveler les institutions diplomatiques dans leur intégralité via des élections sénatoriales organisées à une même date et qui ne concerneraient que les gouvernements dont les calendriers nationaux n'auraient pas à être modifiés.

    Fédéraliser le Parlement européen

    Le second réflexe consiste à parachever la transnationalisation du Parlement européen. Comme le fait remarquer Jo Leinen (Président du Mouvement européen International) dans un article, le Parlement n'est pas encore tout à fait transnational. Les partis politiques et le processus électoral « européens » ne fonctionnent pas selon une dynamique fédérale. Aucune formation politique communautaire n'a de stratégie politique & électorale proprement européenne. Pourtant, aux termes de l'article 10 paragraphe 4 du Traité sur l'Union européenne, elles sont censées contribuer « à la formation de la conscience politique européenne et à l'expression de la volonté des citoyens de l'Union ». Mission impossible compte-tenu des lacunes du droit européen des associations qui empêchent ces formations politiques d'avoir une existence propre (et le pouvoir qui va avec) tant aux échelons locaux qu'à l'échelle européenne. Selon Jo Leinen, ces lacunes sont vouées à être comblées dès 2017. Mais en l'absence d'une loi électorale qui uniformise le déroulement de la campagne à travers tout le continent (loi qui a toujours été combattue par les partis et les gouvernements nationaux), celles-ci resteront de fait une mosaïque d'élections nationales en confortant le nationalisme méthodologique.

    Ainsi la possessivité schizophrénique des États-nations qui démocratisent l'Europe d'une main en bridant la citoyenneté européenne de l'autre devra être vaillamment combattue par la société civile fédéraliste sans quoi tout phénomène politique transnational restera une douce illusion.



  • 22 propositions pour l’Europe de demain

    19 juillet, par la Rédaction du Taurillon — Les prises de position des Jeunes Européens Fédéralistes
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    La construction européenne est une œuvre inachevée, élaborée de façon résolument pragmatique. Les pères fondateurs avaient un projet cohérent à long terme. L'intégration économique devait, à terme, permettre l'intégration politique. Les Communautés européennes, puis l'Union européenne, devaient être les premières étapes pour parvenir à la constitution d'un Etat fédéral européen. Cette volonté s'est néanmoins perdue au fil du temps, laissant l'Union dans une incertitude dommageable. La crise économique, sociale, politique et identitaire actuelle ne doit pas être un frein au projet européen, mais une opportunité pour le relancer.

    Le fonctionnement actuel de l'Union européenne ne permet pas de répondre efficacement aux enjeux auxquels nos sociétés sont, et seront, confrontées. En tant qu'organisation de jeunes, impliquée dans la construction de l'Europe, les Jeunes Européens-France appellent à la mise en place d'une Europe fédérale. Seul le transfert des compétences à une Union fédérale démocratique, dans le respect du principe de subsidiarité, permettra de faire de l'Europe un pôle fort, à même de répondre à la multitude d'enjeux dépassant les Etats.

    Si cet objectif se doit d'être réalisé rapidement, tant il devient indispensable, les Jeunes Européens ont conscience de l'ampleur de cette tâche. Nous proposons donc une série de mesures concrètes pouvant être prises à court comme à long terme, afin de redynamiser le projet européen, et de lui redonner un sens.

    Bien évidemment, ce projet est appelé à être réalisé avec l'ensemble des citoyens de l'Union européenne. Cependant, les Jeunes Européens – France sont conscients que l'interdépendance est plus forte au sein de la zone euro ; aussi, notre projet, qui a vocation à s'adresser à la totalité des Etats membres, pourra être, dans un premier temps et pour des raisons d'efficacité, développé entre les Etats de la zone euro, qui font figure d'avant-garde de l'intégration.

    I. La création d'une véritable scène politique européenne

    L'absence d'une scène politique européenne démocratique est l'un des principaux obstacles à l'émergence d'une Europe unie et solidaire. Cela conduit au désintérêt des citoyens, qui n'arrivent pas à s'impliquer, ni même à comprendre un projet qui leur semble lointain. Seule une scène politique commune permettra l'émergence d'un débat européen sur les véritables enjeux de notre continent, base essentielle à la création d'un Etat européen qui manque cruellement. Pour palier cela, les Jeunes Européens-France proposent :

    A- Concernant le président de l'Union européenne, pour une meilleure visibilité

    1- Qu'à court terme, chaque parti européen présente une tête de liste pour les élections au Parlement européen.

    La tête de liste désignée à l'issue de primaires citoyennes européennes sera également candidate au poste de président de la Commission. Cette initiative, rapidement réalisable, permettra de renforcer la légitimité du président de la Commission, tout en engageant à chaque élection du Parlement européen un véritable débat sur la politique de l'Union. L'implication des citoyens sera grandement favorisée par l'organisation de primaires citoyennes.

    2- Qu'une seule personne occupe le poste de président du Conseil européen et de président de la Commission.

    L'Union européenne souffre d'un cruel manque de visibilité, lequel est préjudiciable pour les citoyens européens, qui ne peuvent s'attacher à une personnalité médiatique incarnant l'Union. La fusion du poste de président de la Commission avec celui de président du Conseil européen permettra à une personnalité d'incarner l'Union et ses politiques et favorisera le sentiment d'adhésion au projet européen. Cette personnalité doit être élue au suffrage universel direct.

    3- Que le nombre de commissaires soit laissé à la discrétion du président de la Commission.

    La composition actuelle de la Commission européenne et le processus de nomination des commissaires européens est aujourd'hui laissé à la discrétion des États membres de l'UE, d'après le principe « un commissaire par État membre ». Or, la Commission européenne ne doit pas être garante des intérêts nationaux. Le nombre de commissaires doit donc être laissé à la discrétion du président. Cette évolution représentera un premier pas vers la transformation de la Commission en véritable gouvernement.

    B- Concernant la redéfinition des organes législatifs

    4- Que le Parlement européen bénéficie de l'initiative législative.

    Institution représentant directement les citoyens, le Parlement européen doit pouvoir bénéficier de l'initiative législative afin de garantir l'expression citoyenne dans la législation. C'est un pré-requis pour que les citoyens européens se sentent réellement écoutés et représentés au niveau européen.

    5- Que le Parlement européen soit réellement co-législateur à chaque fois que les institutions européennes se saisissent d'une question.

    Chambre représentant les intérêts des citoyens, le Parlement européen doit pouvoir le faire sur toutes les questions. La procédure législative ordinaire doit être élargie à la totalité des domaines relevant des compétences de l'UE, afin de garantir au citoyen l'expression réelle de sa volonté. Cela passe, s'il le faut, par une composition particulière du Parlement tel que proposée au point 8.

    6- Que le Conseil de l'Union européenne devienne un Sénat européen co-législateur.

    Le Conseil de l'Union doit devenir une seconde chambre composée d'élus des divers Etats membres. Chaque Etat doit avoir le même nombre de sénateurs et ces derniers seront les garants des intérêts étatiques. Cette chambre sera indispensable pour garantir la pérennité des structures étatiques existantes au sein de l'Union. Le mode d'élection des sénateurs sera laissé à la discrétion des Etats membres.

    7- Qu'un nombre déterminé de députés européens soient élus sur une liste transnationale et que des circonscriptions européennes transfrontalières soient créées.

    Dans le but de faire prendre conscience à la population des enjeux européens du scrutin et le démarquer des enjeux nationaux, nous souhaitons qu'une partie des députés européens soient élus sur une liste transnationale et qu'aux frontières de chaque Etat, des circonscriptions transfrontalières soient créées.

    II. La création d'une véritable union économique :

    L'euro est sans doute l'acquis européen le plus visible mais aussi le plus discuté. Sa mise en place a été imparfaite, dans la mesure où elle ne s'est pas accompagnée d'une véritable union économique et monétaire. Cette dernière doit être mise en place rapidement et fonctionner de façon transparente et démocratique. C'est pourquoi, les Jeunes Européens-France proposent :

    8- Qu'une Formation euro au sein du Parlement européen gère les affaires économiques de la zone euro.

    Le Parlement européen doit pouvoir être compétent en matière économique. Cependant, seuls les parlementaires représentant les citoyens disposant de l'euro ont vocation à voter sur ces questions. Il apparait donc essentiel qu'une Formation euro, composée des représentants des 17 Etats membres et d'observateurs des 8 autres Etats signataires, siège pour ces questions.

    9- Que le budget européen soit à la hauteur des politiques engagées par l'Union européenne et s'appuie sur des impôts européens propres (tels que la taxe sur les transactions financières, un pourcentage de la TVA, ainsi qu'un impôt européen sur les sociétés).

    L'efficacité de l'Union ne peut se baser que sur un budget ambitieux et indépendant des contributions des Etats membres. Un tel budget est la clé de la mise en place de véritables politiques européennes ambitieuses. Les impôts européens ne devraient pas alourdir la charge fiscale, mais résulter du transfert de certaines compétences des Etats à l'UE.

    10- Qu'un impôt sur le revenu soit payé par les citoyens, après une diminution équivalente des contributions nationales et que des règles de péréquations financières soient établies.

    Les citoyens, pour se sentir intégrés au projet européen, doivent contribuer à son budget. Un impôt européen direct permettra de renforcer le sentiment d'adhésion des citoyens et donc de les rapprocher de l'Union, tout en garantissant une ressource propre utile au bon fonctionnement des politiques européennes. Cette nouvelle imposition doit naturellement s'accompagner d'une baisse proportionnelle des contributions nationales.

    11- Que les statuts de la Banque centrale européenne soit modifiés, pour lui permettre de devenir une véritable réserve fédérale.

    La BCE doit être transformée en véritable réserve fédérale. A ce titre, elle doit avoir dans ses objectifs la croissance et l'emploi, et non pas uniquement de lutte contre l'inflation, et avoir un rôle prééminent dans la supervision du système bancaire.

    12- Que soient créés des euro-bonds afin d'assurer une mutualisation de la dette des Etats de la zone euro et des project-bonds afin d'assurer un financement commun d'investissements d'avenir.

    La dette des Etats membres, ou au moins une partie, doit pouvoir être mutualisée à l'échelle européenne, afin de bénéficier de taux d'emprunts attractifs pour des projets innovants. La responsabilité de l'émission de ces euro-bonds et la gestion de cette source de revenus seraient confiées à la Commission européenne responsable devant le Parlement et le Sénat européen.

    13- Qu'une harmonisation des politiques fiscales et du travail ait lieu.

    Le « dumping » fiscal et social entre les Etats membres n'est plus tolérable et conduit à des difficultés d'application uniforme des diverses politiques européennes. Une harmonisation, accomplie à l'aide d'un taux minimal et maximal d'imposition, ainsi qu'un salaire minimal et applicable à tous les Etats, est nécessaire. De même, il est devenu obligatoire de coopérer d'une manière beaucoup plus approfondie sur les politiques du travail.

    14- Qu'une véritable politique européenne de l'énergie soit développée

    C'est avec l'énergie que les institutions européennes sont apparues dans le cadre de la CECA. L'UE doit donc œuvrer pour son indépendance énergique et défendre un modèle respectueux de l'environnement.

    III. Relations extérieures, défense et sécurité intérieure :

    L'Union européenne a un rôle à jouer dans les affaires du monde. A ce titre, elle doit disposer d'une diplomatie forte et indépendante, et avoir à sa disposition des moyens suffisants pour se faire entendre. Dans le même ordre d'idée, elle doit pouvoir garantir la paix et la sécurité au sein de ses frontières. Les Jeunes Européens-France demandent donc :

    15- Qu'une représentation diplomatique unique dans chaque pays remplace celles des Etats membres.

    Seule une diplomatie européenne, forte et indépendante, permettra à l'Union de jouer un rôle déterminant dans la défense des valeurs qu'elle porte et dans la promotion de la paix mondiale. Cette diplomatie sera au service de la Commission européenne responsable devant le Parlement et le Sénat européen, et permettra aux citoyens européens de disposer d'une assistance consulaire à l'échelle mondiale lorsqu'ils se déplacent en dehors des frontières de l'Union. 16- Qu'un corps armé sous le contrôle du Parlement européen puisse intervenir dans les conflits internationaux.

    Toute force politique doit pouvoir s'appuyer sur une force militaire mise sous le contrôle d'un parlement, afin de pouvoir intervenir et de pouvoir prévenir les conflits armés. L'Union européenne doit, elle aussi, pouvoir s'appuyer sur cette force militaire issue de la mutualisation des armées nationales. Elle sera dirigée par un Etat-major européen sous l'autorité de la Commission européenne. 17- Que la politique migratoire soit gérée au niveau européen.

    L'un des principes fondamentaux de l'Union européenne est la liberté de circulation entre ses Etats membres. Cette disparition des frontières intérieures doit, dans un souci de cohérence et d'évitement des conflits entre les Etats membres, mais aussi avec les Etats tiers, s'accompagner du transfert de la politique migratoire à l'échelon européen.

    IV. Le renforcement du sentiment européen :

    Si l'Union européenne est la plus à même de répondre aux attentes du monde actuel, son approfondissement ne peut continuer sans l'adhésion de ses citoyens. Pour favoriser cette adhésion, il est nécessaire de renforcer le sentiment d'appartenance à la communauté humaine et culturelle qu'est l'Union européenne. Les Jeunes Européens-France demandent donc :

    18- Que l'Union européenne augmente significativement la part de son budget consacré à la mobilité.

    L'Union européenne n'est pas une idée politique désincarnée. C'est une réalité tangible et observable par tous. Il est nécessaire, pour que tous les citoyens en prennent conscience, que la mobilité, qu'elle soit scolaire, étudiante ou professionnelle, soit encouragée et devienne la norme. Les citoyens mesureront alors concrètement ce que sont la réalité européenne et les enjeux communs qui lui sont inhérents.

    19- Qu'un programme européen d'histoire soit enseigné durant la scolarité obligatoire.

    L'Europe a une histoire commune, qui reste bien trop ignorée des citoyens européens. L'école doit enseigner de façon continue l'histoire de notre continent. Cela peut passer par un enseignement multilingue, notamment dans le cadre de classes européennes.

    20- Qu'un essor des chaines et programmes télévisuels et radiophoniques bi- et multinationaux soit encouragé.

    Les chaines ARTE ou Euronews illustrent parfaitement le succès que peut connaitre une chaine européenne. Cet exemple doit servir de base à d'autres chaines et programmes européens de toutes sortes. De plus, il faudrait que la chaîne Euronews soit disponible sur la TNT.

    21- Que le 9 mai soit décrété jour férié à la place du 8 mai.

    Le 8 mai marque la fin de la seconde guerre mondiale et la victoire des Alliés. Derrière cela, c'est la paix qui est célébrée. Cette paix qui, grâce à l'Union Européenne, a perdurée sur notre continent. C'est grâce à l'Union de nos nations que la paix a été garantie. C'est pourquoi, le 9 mai, jour de la fête de l'Europe, devrait être férié à la place du 8 mai comme symbole de notre victoire sur la guerre.

    22- La création d'un statut européen pour les associations et les fondations.

    La reconnaissance de la société civile à l'échelle européenne va de pair avec un renfort de la démocratie européenne.


  • Les 5 points à retenir du programme de Jean Claude Juncker :

    18 juillet, par la Rédaction du Taurillon — Actualité
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    Jean Claude Juncker vient d'être élu par le Parlement européen nouveau président de la Commission européenne. Ce vote qui fait suite à celui du Conseil de l'Union conforte le progrès démocratique auquel nous assistons depuis le lancement des élections de mai 2014. Le vote des citoyens a été pris en compte et c'est désormais la tête de liste du premier parti du parlement qui prend la tête de la Commission. Le programme qui a été publié le jour de l'élection reprend les diverses priorités de l'UE pour les 5 prochaines années. Décryptage en 5 points :

    1- Un constat lucide

    Bien que le PPE soit en charge des affaires depuis plusieurs décennies, M. Juncker ne mâche pas ses mots par rapport à la dernière législature. « L'Europe découvre qu'elle est bien souvent mal préparée face aux défis mondiaux qui l'attendent » affirme-t-il. « Les mesures prises durant la crise peuvent être comparées à la réparation d'un avion en feu lorsqu'il est en vol ». Il est nécessaire de « restaurer la confiance des citoyens européens ». Parfois, il va même jusqu'à critiquer directement des anciennes personnes en charge. On apprend ainsi que : « Le prochain Haut Représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité devra être une personnalité respectée et expérimentée, capable d'articuler […] tous les outils dont dispose la Commission d'une manière plus efficace que ce que nous avons vu au cours des derniers mois. »…

    Nous ne pouvons qu'être d'accord avec ce constat. L'Europe n'est pas encore entrée dans le XXIème siècle et son retard l'empêche de sortir de la crise. Cela entraine aussi une crise de confiance généralisée qui doit être combattue par une action politique plus efficace et surtout plus lisible et tournée vers un projet d'avenir.

    2- Une méthode de travail : le consensus :

    Si le groupe politique de M. Juncker est arrivé en tête lors des élections, il lui est impossible de gouverner seul. Une coalition entre les groupes de droite (PPE), centriste (ALDE) et de gauche modérée (PSE) est nécessaire. Cette coalition est fragile et M. Juncker le sait bien. Il a d'ailleurs été élu avec 422 voix alors que la coalition, mathématiquement, rassemble 479 eurodéputés.

    Sans doute pour offrir des garanties aux partenaires, M. Juncker a donc bien pris soin de préciser qu' « il veu[t] travailler avec chacun d'entre vous [les eurodéputés] en vue d'établir un large consensus, de part et d'autre des institutions de l'Union, sur ce que nous devons mettre en œuvre ». Il est intéressant de noter que le consensus ne doit pas se limiter à l'ensemble des eurodéputés mais bien à toutes les institutions de l'Union. Malgré ses défauts, c'est sans doute la méthode de travail la plus efficace pour faire avancer les projets. Cependant, cela amoindri la politisation du Parlement européen rendant la politique européenne peu claire pour les pays non habitués à la démocratie parlementaire (la France au premier rang). L'esprit de consensus reste en effet mal compris par nos concitoyens.

    De plus, et cela est sans doute plus problématique, le principe de consensus entre les différentes institutions relève d'une frilosité certaine. On a un peu l'impression que M. Juncker souhaite « ne se mettre personne à dos » mais ce n'est pas la meilleure des options. Le bilan de M. Barroso est catastrophique notamment car il a toujours placé très haut les intérêts du Conseil de l'Union. La Commission doit être une force de proposition dynamique qui force le consensus et ne se contente pas de prendre placidement en compte les intérêts du Conseil. Nous espèrons que c'est dans ce sens-là que M. Juncker souhaite travailler.

    3- Une politique économique ambitieuse tournée vers le renforcement du marché commun :

    M. Juncker a repris l'idée partagée par quasiment tous les candidats de la dernière élection, de grands projets innovants. Ces grands projets ce sont un marché numérique véritablement européen ou encore une nouvelle Europe de l'énergie. Ces deux secteurs qui sont aux yeux de tous les principaux enjeux du futur semblent bien choisis et les propositions faites sont alléchantes. Afin de les développer, une hausse de l'investissement « jusqu'à 300 milliards d'euros supplémentaires d'investissements publics et privés dans l'économie réelle au cours des trois prochaines années » devrait avoir lieu.

    Si M. Juncker se détache de son rôle d'ancien premier ministre du Luxembourg en déclarant : qu'il a « toujours été un ardent défenseur de la mise en place de contrôles plus stricts des banques » ou encore que c'est un « tenant convaincu de l'économie sociale de marché », il ne renie pas pour autant ses idées néo-libérales. Il entend ainsi poursuivre le travail sur le traité de libre-échange transatlantique.

    Au niveau du cadre de ce programme politique, on peut se féliciter de la volonté de M. Juncker de renforcer le marché commun et la zone euro. Cela passe par « une capacité budgétaire ciblée au niveau de la zone euro, ainsi qu'une proposition visant à rendre plus efficace la représentation externe de notre Union économique et monétaire ». On pourrait voir dans cette affirmation une volonté de fédéraliser la zone Euro mais il ne s'agit pas de sur-interpréter… M. Juncker propose aussi : « une assiette commune consolidée pour l'impôt sur les sociétés et d'une taxe sur les transactions financières. ». Reste à savoir comment cela va être mis en œuvre. Cela va cependant positivement dans le sens de la création d'une vraie zone économique homogène.

    Si M. Juncker a rappelé son attachement à l'Europe sociale, on peut cependant déplorer le fait qu'il n'en évoque aucune politique. Il condamne timidement le dumping social mais on est encore très loin de la création d'une Europe sociale.

    4- Une Europe qui renforce son poids diplomatique au détriment de l'élargissement :

    M. Juncker l'a annoncé de but en blanc : « il n'y aura pas de nouvel élargissement dans les cinq prochaines années ». Les négociations avec les pays candidats doivent continuer mais il faut pour M. Juncker « digérer » les élargissements successifs.

    Pour lui, cela doit permettre de dégager du temps pour renforcer la voie de l'Europe sur la scène diplomatique mondiale. Cela passe pour lui par une mise en valeur du rôle de Haut représentant mais aussi par un renforcement des forces militaires européennes. L'Europe ne peut se contenter d'être un soft-power sans armée. Il propose que « les États membres qui le souhaitent puissent mettre en commun leurs capacités de défense sous la forme d'une coopération structurée permanente. », conformément au traité de Lisbonne. Cela va vers le bon sens, celui de la création, à terme d'une armée européenne.

    Au niveau de la politique migratoire, M. Juncker plébiscite une meilleure coordination et surtout une plus grande solidarité financière entre les Etats membres. Il évoque notamment la nécessité de débloquer un plus grand budget pour Frontex et la protection des frontières. Si cela rend bien sur le papier, reste à savoir s'il saura l'imposer au Conseil de l'Union, rien n'est moins sûr.

    5- Une Europe démocratique…. mais communautaire

    C'est très certainement sur ce point-là que M. Juncker est le plus décevant. Après avoir déclaré dans son introduction la nécessité de renforcer la légitimité démocratique, il conclut sur ce point dans un paragraphe très court dans lequel on passe des lobbys aux OGM sans aucune cohérence. C'est très dommage. Sans véritable effort de restructuration de l'Union, les politiques présentées dans le reste du discours sont vouées à l'échec. De même, M. Juncker rappelle que le budget ne sera réévalué qu'en 2016. Nous nous retrouvons donc dans une situation où le parlement démocratiquement élu subi les décisions prises par une ancienne composition. C'est anti-démocratique et parfaitement étrange.

    Il est très décevant de voir que M. Juncker n'a pas pleinement pris conscience des raisons du fiasco de ces dernières années. La méthode communautaire ne fonctionne plus. Elle sclérose l'Union. Il est temps de passer à une Europe fédérale. Cette Europe-là, plus démocratique, plus lisible, permettrait d'exploiter pleinement le potentiel de nos divers Etats. En refusant clairement d'aller dans cette voie, M. Juncker a tort. Nous ne pouvons que le pousser à changer d'avis et à convoquer dès à présent une nouvelle convention pour l'avenir de l'Europe.


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