Les Jeunes Européens France
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  • Moyen-Orient : La coalition en déroute

    30 mai, par Florian Brunner — Actualité, , ,

    Que ce soit en Ukraine, en Syrie ou en Irak, l'Occident se mobilise dans des conflits d'envergure. Alors que la stratégie américaine a encore fois montré ses limites, il est temps que l'Europe s'investisse plus fortement dans ces enjeux cruciaux. Il ne faut plus raisonner uniquement par pays. Un cadre européen est nécessaire. C'est le cas au Moyen-Orient, où la coalition menée par les Etats-Unis ne parvient pas à stabiliser la région et conduit une stratégie aux effets néfastes.

    « Personne ne peut donc affirmer aujourd'hui que le chemin de la guerre sera plus court que celui des inspections. Personne ne peut affirmer non plus qu'il pourrait déboucher sur un monde plus sûr, plus juste et plus stable. Car la guerre est toujours la sanction d'un échec. Serait-ce notre seul recours face aux nombreux défis actuels ? » Dominique De Villepin, discours de l'ONU, 14 février 2003.

    L'échec de la coalition américaine contre Daech

    La retraite en désordre de l'armée irakienne à Ramadi, le 17 mai dernier, sa plus cinglante défaite depuis l'effondrement de Mossoul, a consacré l'inefficacité de la stratégie américaine, telle que détaillée en septembre 2014 par le président Barack Obama pour « affaiblir et finalement détruire » l'Etat islamique. Un nouveau Premier ministre en Irak, Haïder Al-Abadi, 3 900 raids aériens menés par la coalition emmenée par Washington, dont 2 400 en Irak (le reste a été mené en Syrie), 3 000 soldats et conseillers militaires américains, tout cela n'a pas suffit à freiner la machine de guerre djihadiste.

    L'attaque de Mossoul n'est même plus d'actualité. Il s'agit désormais pour Bagdad de reprendre Ramadi, avec les milices chiites, déjà impliquées dans la reprise de la ville de Tikrit en mars, qui avaient été jusque-là tenues à l'écart de la plus grande province d'Irak pour éviter de troubler la population majoritairement sunnite. Les Américains ont approuvé cette mobilisation des milices chiites, dont certaines sont soutenues par l'Iran. Dans la situation actuelle, les Etats-Unis ont mis de côté leur rivalité avec l'Iran, devenu un allié de poids, quasi-indispensable, dans la lutte contre Daech. Depuis le 25 mars, l'Arabie Saoudite, irritée par la mainmise iranienne croissante dans la région, a décidé d'intervenir militairement au Yémen, aux côtés d'autres Etats arabes sunnites, et avec l'appui logistique des États-Unis, pour contrer la rébellion houthiste, un mouvement chiite soutenu par Téhéran.

    C'est un cercle infernal. Infernal parce que les sunnites ont peur des chiites et sont tentés de s'accrocher à Daech. Infernal parce que la coalition anti-Daech a besoin des chiites pour s'imposer militairement. Infernal parce que Haider Al-Abadi, le Premier ministre irakien d'un gouvernement à majorité chiite, qui aurait très bien pu envoyer des renforts à Ramadi, a décidé d'asphyxier l'armée régulière pour laisser faire les milices chiites qui procèdent à une sorte de nettoyage ethnique, dans un scénario semblable à ce qui s'est passé en ex-Yougoslavie. Infernal parce que l'Iran des Ayatollahs, distributeurs de fatwas et de mort, s'impose dans ce jeu alors qu'elle continue de soutenir fermement la dictature de Bachar el-Assad en Syrie et qu'elle manipule le Hezbollah au Liban. Infernal parce que l'Iran édifie patiemment « l'arc chiite » au Proche et au Moyen Orient. Infernal parce que l'Arabie saoudite, alliée constante des Etats-Unis, est en lutte contre l'Iran qui apparait de plus en plus comme le fer de lance du combat contre les barbares de l'Etat islamique. Au cœur de ce cercle infernal, il y a l'obscurantisme, l'intégrisme, les atteintes aux droits de l'Homme et à la liberté d'expression, il y a l'émanation d'un mal profond qui détruit le Moyen-Orient. Daech est l'expression ultime de cette barbarie, mais elle est aussi présente dans les autres pays du Moyen-Orient, dont l'Iran ou l'Arabie Saoudite.

    Bachar El-Assad, un barbare parmi d'autres

    L'instabilité est devenue une règle au Moyen-Orient. La guerre contre Daech, avec un programme efficace, pourrait être gagnée, mais actuellement les résultats de la stratégie américaine sont déplorables. Encore une fois, les Américains privilégient les calculs à court terme. Ils en perdent la tête, ne sachant plus que faire d'un cas syrien qui les a toujours encombrés. L'Iran ce nouvel allié décisif soutient le régime de Bachar El-Assad. Avant la révolution en 2011, l'armée syrienne était tenue par des alaouites (chiites) et les soldats étaient des sunnites. Puis en 2011, la quasi-totalité des soldats ont déserté. Ils étaient 250 000 à l'époque et sont aujourd'hui 70 000. L'Iran fournit notamment 50 000 hommes et le Hezbollah environ 20 000. Ces forces en action se sont compromises avec le régime d'Assad dans les crimes les plus graves perpétrés lors du conflit syrien, qui a fait plus de 220 000 morts, dont au moins 67 000 civils et 11 000 enfants.

    Dans ce contexte, intervient la prise de Palmyre par Daech, une prise facilitée par la fuite des troupes du régime syrien. L'échec de Bachar El-Assad est confirmé. Il n'a cessé de jouer avec la menace des djihadistes pour coaliser la communauté internationale autour de lui et se maintenir au pouvoir. Et certains sont rentrés dans son jeu, affirmant qu'Assad serait le dernier rempart face à la barbarie. Assad fait partie de cette barbarie, il en est l'un des éléments, l'un des moteurs, de même que ses alliés iraniens. Avec Palmyre, il a voulu jouer avec les symboles, en espérant que l'Occident le soutiendrait pour protéger ce site, qui fut l'un des plus importants foyers culturels du monde antique, et qui est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco.

    Finalement après avoir fanfaronnées sur un faux succès, les troupes d'Assad ont abandonné Palmyre, dans une lâcheté complice. La défaite de Palmyre a tourné à l'humiliation pour le régime syrien. En quatre ans de guerre, une grande partie du patrimoine syrien a été détruit. Le règne d'Assad touche à sa fin, l'agonie de ce régime compromis est flagrante. En mars 2015, le chef de la diplomatie américaine John Kerry affirmait qu'il était prêt à négocier avec Assad pour « mettre fin à la guerre ». Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères avait alors rappelé la nécessité du transition politique, sans Bachar El-Assad. En février, des députés français avaient même pris l'initiative de rencontrer Assad pour affirmer qu'il était une solution. Puis, en avril, c'est France 2 et son présentateur fétiche David Pujadas qui interviewaient le dictateur. Les Européens ont assisté à une opération de communication visant à légitimer le pouvoir syrien. Cette propagande pro-Assad a volé définitivement en éclats. Assad n'est pas le rempart qu'il prétend être, il n'est au mieux qu'une marionnette de l'Iran.

    Pour une vraie diplomatie européenne au Moyen-Orient

    L'Europe doit être présente au Moyen-Orient pour porter une autre politique, plus innovante et fondée sur le long terme. Elle doit porter un projet de paix et de stabilité. Jean-Claude Juncker, Federica Mogherini, François Hollande et Angela Merkel doivent se concerter et entamer un vrai processus diplomatique au Moyen-Orient. C'est ce premier travail qui doit être impérativement effectué pour ouvrir la voie à d'autres actions plus larges et à la réalisation d'une vraie diplomatie européenne commune.

    Revenons-en à l'essentiel dans cet Orient aliéné. Il faut trouver une solution durable au conflit syrien qui est à la source de l'existence de Daech. Il faut envisager une force d'intervention pour la protection des civils et des sites historiques, sous mandat de l'ONU, et soutenir les rebelles syriens modérés. Il faut poser les bases d'un nouveau régime en Syrie, en mettant autour de la table des représentants du régime syrien et des représentants modérés de la rébellion syrienne. Pour encadrer cette action, il faut préparer l'arrivée de la Syrie, parmi les signataires des statuts de Rome de la Cour pénale internationale (CPI), ce qui permettra de poursuivre les responsables des exactions des deux côtés du conflit. En commençant par le cas syrien, les Européens résoudront une situation clé qui permettra par la suite d'aborder la situation irakienne, les revendications kurdes et également la question cruciale du régime iranien.

    Les fruits de plusieurs années d'une stratégie américaine désastreuse

    Barack Obama ne comprend rien au Moyen-Orient. Depuis 2013, le président américain, hésite, tergiverse, n'arrive pas à cerner les enjeux, à établir une analyse claire et à entreprendre les actions nécessaires. Trop longtemps, les Américains ont mené des actions d'ampleur, en s'autoproclamant « héros de l'Occident » et en commettant erreurs sur erreurs. Trop longtemps, le Moyen-Orient a été le théâtre d'une lutte entre les Etats-Unis et l'Iran. De Georges Bush à Barack Obama, les Etats-Unis ont démontré leur incapacité à comprendre cette zone du monde, à se dégager des petits calculs cyniques, propres à leur classe politique si particulière, pour engager une action durable de paix. Tout cela, sans oublier l'aide apportée dans les années 1980 par les Etats-Unis aux « combattants de la liberté » afghans, à leur lutte contre l'Union soviétique et la compromission de la CIA et de plusieurs dirigeants américains dans le financement d'activités clandestines douteuses.

    Trop intrigants, bellicistes et irréfléchis, les Américains n'ont pas démontré qu'ils étaient à la hauteur du rôle dont ils s'étaient investis. Jacques Chirac et Dominique De Villepin avaient compris que cette volonté américaine d'intervenir avec excès devenait dangereuse, et c'est pour cela qu'ils se sont opposés à une intervention militaire en Irak en 2003. Déjà à cette époque, il manquait une Union européenne résolue et unie, organisée diplomatiquement et militairement. Déjà, il manquait une Europe forte.

    Construire l'Europe de la défense et de la diplomatie

    En 2005, le « non » au traité constitutionnel s'est imposé en France et aux Pays-Bas, emportant le renouveau européen tant nécessaire, en même temps que la crédibilité d'un Jacques Chirac usé et peu inspiré. Désormais, 10 ans après cet échec, il faut relancer un chantier d'ampleur. Les citoyens européens doivent faire avancer la construction européenne de façon déterminante. Il faut se doter des moyens d'intervenir dans le monde, pour porter résolument nos valeurs. L'ordre mondial a besoin d'une force déterminée et éclairée, le monde a besoin d'Europe. Les Européens doivent bâtir une véritable Europe de la défense et de la diplomatie.


  • Dix ans après

    29 mai, par Les Jeunes Européens - France — Les prises de position des Jeunes Européens Fédéralistes, ,

    A l'occasion des 10 ans des votes français et néerlandais en défaveur du traité constitutionnel européen, les Jeunes Européens Fédéralistes de France et des Pays-Bas publient un communiqué pour appeler à une Europe plus démocratique pour dépasser les visions simplificatrices et populistes.

    Le 29 mai et le 1er juin, les Jeunes Européens - France et les Jonge Europese Federalisten Nederland (JEF Pays-Bas) se rappellent les référendums qui ont eu lieu dans leurs pays il y a dix ans. Parallèlement à la campagne engagée sur les réseaux sociaux avec la JEF Pays-Bas, intitulée “#10yearslater”, les JE - France ont mené un débat lors de tables rondes avec les jeunes issus des divers partis politiques. Le but pour les jeunes présents était de s'emparer du débat et de partager leur vision de l'Europe pour le futur. Le 29 mai, plusieurs actions de rue seront organisées à travers toute la France pour donner la parole aux citoyens et leur permettre de poser des questions à leurs eurodéputés via twitter.

    “La dernière décennie nous a démontré le besoin d'une unité plus forte et d'une Europe fédérale”, déclare Leonie Martin, vice-présidente de la JEF Pays-Bas. “C'est pourquoi nos deux organisations ont mis en place ces actions pour permettre aux jeunes de reprendre le débat sur le futur de l'Europe. En 2005, beaucoup de nos membres étaient encore au lycée voire même plus jeunes ; nous n'avons donc pas pu voter et exprimer notre choix. C'est pourquoi il est maintenant important de remettre la jeunesse au coeur de la discussion afin qu'elle puisse donner son avis”, ajoute-t-elle.

    Il y a dix ans, contrairement à l'Espagne et au Luxembourg, qui s'étaient prononcé en faveur du traité constitutionnel européen, la France et les Pays-Bas ont tous les deux voté “non” lors du référendum, mettant ainsi fin au processus d'adoption du traité. A la suite de cela, sept autres pays n'ont même pas eu la possibilité de voter sur la question. Dans les deux cas, les études montrent que les résultats ont été davantage liés à des considérations de politique nationale qu'à la véritable question posée aux citoyens concernant le traité constitutionnel. Les discussions publiques n'ont pas réellement eu pour objet le contenu du traité, ce qui fait du manque d'information la première raison pour laquelle les gens ont voté “non”, selon le sondage Eurobaromètre. “Pour nous, cela signifie que nous avons besoin d'un débat public mieux informé sur les sujets relatifs à l'Union européenne, et de médias qui expliquent ce qui se passe au niveau européen. Nous voulons sensibiliser et informer les gens pour rendre les politiques européennes plus compréhensibles”, explique Chloé Fabre, présidente des JE - France. “Nous avons besoin d'hommes et de femmes politiques qui acceptent l'Europe comme un autre niveau de gouvernance : les référendums sont un bon exemple du fait que les politiciens renversent souvent la faute sur l'Union européenne quand il y a des problèmes, mais s'attribuent les succès au niveau national quand il y en a, nourrissant ainsi des positions mal informées, populistes et extrémistes”.

    Aux Pays-Bas, plus de la moitié des jeunes de 18 à 24 ans n'ont pas voté, et de ceux qui se sont effectivement rendus aux urnes, 74% ont voté contre le traité constitutionnel. Pour une association de jeunes dont le but est de promouvoir et d'expliquer le projet européen aux citoyens, une génération qui ne voit pas son futur dans l'intégration européenne est un signal d'alarme.

    De plus, les deux associations estiment qu'une Europe démocratique doit être construite avec l'assentiment de ses peuples. Elles sont convaincues que seule une Europe fédérale permettra d'aboutir à une structure démocratique, proche des citoyens, qui servira leurs intérêts au niveau le plus pertinent. De ce fait, elles appellent les hommes et femmes politiques, au niveau national et européen, à améliorer les outils démocratiques pour connaître l'avis des citoyens sur les sujets européens. Les contributions à l'action seront partagées sur les réseaux sociaux grâce au hastag #10yearslater.

    Les JE - France et la JEF Pays-Bas sont des branches de l'association européenne des Jeunes Européens Fédéralistes, active dans plus de 30 pays. L'association est politique mais transpartisane et milite pour atteindre une Europe fédérale - qui ne serait pas un super-Etat mais une Europe basée sur le principe de subsidiarité, la démocratie et le respect des droits de l'Homme.


  • Passation de pouvoir en Pologne

    28 mai — Actualité, ,

    La Pologne a élu un nouveau président : Andrzej Duda, appartenant au parti nationaliste conservateur Droit et Justice, dirigé par Jaroslaw Kaczyński. Les contributeurs de, Treffpunkteuropa, The New Federalist et du Taurillon vous donnent leur opinion sur l'élection polonaise.

    Le changement l'emporte sur la continuité

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    Marcel Wollscheid - rédacteur en chef du magazine treffpunkteuropa.de

    « La Pologne a voté pour le changement contre la continuité. L'ancien président Komorowski a cédé le pas après une campagne en demi-teinte, permettant à l'outsider Andrzej Duda de prendre le dessus. 60% de la génération des 18-29 ans a voté pour Duda. Cette génération n'a pas assez profité du miracle économique polonais de ces dernières années.

    La victoire de Duda pourrait entraîner un virage dans le parcours de la Pologne au sein de l'Union européenne : refroidissement des relations avec l'Allemagne et la France, renforcement des liens avec le gouvernement conservateur britannique opposé à une plus grande intégration, etc.

    Concernant les élections parlementaires de l'automne prochain, la grande question sera de savoir si le parti de Duda continuera sur sa lancée avec un retour annoncé de Jaroslaw Kaczyński. »

    Nouvelles tensions avec Bruxelles ? Wait & see...

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    Thomas Lymes - rédacteur du magazine Le Taurillon

    « La Pologne a amorcé un virage politique en élisant un président conservateur pour les cinq années à venir. Le président sortant, Bronisław Komorowski n'a pas su gagner la confiance des électeurs durant le dernier tour de l'élection présidentielle. Si Andrzej Duda sera le nouveau chef d'Etat polonais, les Européens devront également scruter les élections législatives polonaises qui se tiendront à l'automne prochain, pour voir si la tendance se confirme. Durant cette campagne, les questions sociales telles que l'âge des retraites, la conditions des jeunes ont été soulevées par le candidat de Droit et Justice, ce qui lui a permis de faire la différence.

    Cependant, les positions de Duda sur l'Europe doivent être prises au sérieux. Après des années de politiques libérales mises en œuvre par Plateforme Civique, le nouveau président veut s'orienter vers une politique économique plus protectionniste, ce qui pourrait créer certaines tensions avec Bruxelles. Les Etats membres ne devront pas non plus marginaliser la Pologne dans les négociations avec la Russie, car Duda prône une approche plus forte, qui pourrait ne pas inclure ses partenaires européens.

    Une autre problématique pour l'Union européen sera celle de convaincre la Pologne de mettre en œuvre sa politique environnementale. Jusqu'à présent, le nouveau président s'est montré réticent sur le sujet. Cette question est d'autant plus importante du fait de l'importance pour les Européens d'apparaître unis lors de la COP21, qui aura lieu à la fin de l'année à Paris. »

    Une opportunité perdue pour la Pologne

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    Christopher Powers - rédacteur en chef du magazine The New Federalist

    « Nombreux sont ceux qui furent surpris par le résultat de l'élection. Pour moi, c'est une opportunité manquée pour la Pologne. L'élection de Duda signifie un pas de plus vers le nationalisme et un pas de moins vers la coopération européenne. La Pologne pourrait être la voix porteuse de l'Est du continent. Elle pourrait être une référence morale pour l'Union sur des problématiques telles que l'Ukraine et l'égalité.

    Je comprends que les Polonais soient pessimistes mais c'est seulement dû en partie au manque de choix entre les candidats. J'aimerais demander à la jeunesse polonaise de contribuer à rendre le pays plus dynamique. Ceci afin de lui rappeler que la pays a gagné en puissance depuis les vingt dernières années tandis qu'il s'intégrait au sein de l'Union européenne. Le futur de la Pologne est européen et le futur de l'Europe résidera dans sa capacité à maintenir la paix à l'Est. Espérons que les élections parlementaires amèneront un meilleur résultat que celui de ces élections. »


  • Un « processus Charles Quint » pour l’enseignement des langues en Europe

    27 mai, par La Rédaction du Taurillon — Actualité, , , ,

    A la suite de la publication de l'Appel des Jeunes pour l'Europe, lancé par les Jeunes Européens - France, Anne Sander, eurodéputée PPE, réagit et apporte son soutien à la proposition n°20 : « Rendre obligatoire l'enseignement de deux langues étrangères dès le primaire et harmoniser les méthodes et les outils pédagogiques. »

    « Qui apprend une nouvelle langue acquiert une nouvelle âme » disait le poète espagnol Juan Ramón Jimenez. Je soutiens cette proposition n°20, car le multilinguisme est la condition sine qua none d'un dialogue, d'une compréhension et d'une coopération plus étroite entre les peuples européens. En France, nous sommes particulièrement en retard sur l'apprentissage des langues, et la réforme actuelle des collèges risque fort d'empirer cette situation. Selon une étude européenne, seuls 14 % des lycéens français ont un bon niveau dans leur première langue étrangère.

    Vous avez raison de promouvoir l'apprentissage obligatoire de deux langues étrangères dès le primaire, car la domination généralisée de l'anglais risque également d'appauvrir l'Europe. Il est incompréhensible que chez moi, en Alsace, à la frontière franco-allemande, les jeunes allemands et français parlent entre eux en anglais. Aussi, je pense qu'un enseignement bilingue dès la maternelle, puis l'ajout d'une deuxième langue au primaire dans toutes les classes d'Europe, permettraient d'assurer un multilinguisme véritable, une ouverture à l'autre, une mobilité transfrontalière accrue, des échanges approfondis et la conservation des langues et du patrimoine linguistique européen.

    L'Union européenne n'a pas les compétences pour influer sur l'éducation « nationale » des États membres. Cependant, cet enseignement pourrait se faire via un accord intergouvernemental sur le modèle du Processus de Bologne, qui a permis la généralisation du système LMD (Licence Master Doctorat). L'Union européenne faciliterait alors la mobilité des enseignants et des élèves pour aider à l'apprentissage des langues étrangères (comme elle le fait déjà avec Erasmus +), en finançant la mobilité et en standardisant les outils pédagogiques et les compétences professionnelles. Le processus pourrait s'appeler : le processus Charles Quint, lui qui était multilingue et disait : « Je parle espagnol à Dieu, italien aux femmes, français aux hommes et allemand à mon cheval... ! »


  • Une 6e victoire pour la Suède, un échec de plus pour la France

    26 mai, par Hervé Moritz, Sergio Camachetty — Actualité, , ,

    Samedi 23 mai, pour la 60e édition du plus vieux programme télévisé musical, l'Eurovision Song Contest, le chanteur suédois Måns Zelmerlöw a su enchanté public et jury et reporte haut la main la compétition avec sa chanson « Heroes ».

    Une nouvelle victoire pour la Suède

    Durant un show télévisé de plus de 4h, les 27 artistes de la grande finale de l'Eurovision 2015 ont tenté de convaincre les auditeurs et le jury. Au terme de plusieurs heures de show, c'est la Suède qui l'emporte avec 365 points talonnée par a Russie avec 303 points et l'Italie avec 292 points. Mans Zelmerlow, le candidat suédois, a interprété « Heroes » dans une mise en scène originale. Il permet ainsi à la Suède d'accueillir le concours l'année prochaine et de se qualifier directement pour la finale de l'édition 2016.

    En 2012, à Bakou en Azerbaïdjan, Loreen remportait déjà le concours pour la Suède avec la chanson « Euphoria ». Le pays a compris les codes du succès du plus grand concours de chant du monde. Avec cette 6e victoire, la Suède se place 2e après l'Irlande en terme de nombre de victoire.

    Loin de désintéresser les Français, ce sont près de 4 millions de téléspectateurs qui ont suivi la compétition sur France 2 samedi soir, plus de 200 millions au total. Rappelons que, durant les demi-finales et la finale, les notes attribuées sont la combinaison des notes du jury et du public.

    La France ignore encore et toujours la recette du succès

    Déjà en 2014, beaucoup se sont interrogés sur le choix du groupe ayant représenté la France au fameux concours. Ce fut un véritable fiasco pour les Twin Twin qui se sont classés bon dernier. Et ils ne font pas exception, depuis plusieurs années, les candidats français ne brillent pas par leur prestation à l'Eurovision et leur classement.

    Cette année, la chanteuse française Lisa Angell n'a guère fait mieux puisqu'elle ferme le classement (4 points) avec l'Allemagne (O point) et l'Autriche (0 point). Un nouveau coup dur pour la France, alors que certains pronostiqueurs annonçaient à l'issue des répétitions un bon score.

    La France ne semble pas cerner les codes de ce concours, pour assurer le succès à ses candidats. Cette année, la France doit sans doute sa défaite à une chanson loin des styles dans l'air du temps. Une nouvelle fois en français, dans le plus pur style de la variété française et malgré un thème pacifiste intéressant, la chanson « N'oubliez pas » n'a pas séduit le jury. Bien que la chanteuse présente une voix puissante, et que la mise en scène ait été remarquée, sa chanson ne s'inscrit pas dans les courants à la mode au concours annuel du continent. Il est vrai que le temps est à la pop et à l'electro à l'Eurovision.

    De plus, la France peine à mobiliser son auditoire. En effet, le vote du public compte pour moitié dans le résultat du concours. Or, les Français se mobilisent peu par rapport à leurs voisins européens. Il faudrait à ce titre revoir le mode de désignation du candidat pour impliquer le public et être plus proche des succès du moment. De même, il faut changer les auteurs et compositeurs des chansons. La France a un potentiel considérable et un savoir-faire à la renommée mondial en matière d'electro en témoigne le succès fulgurant tant sur la scène nationale qu'internationale de C2C ou de Christine and the queens, qui fut la révélation des Victoires de la musique.

    Dans ces conditions, il est peut être temps d'envisager un meilleur choix des chansons représentant la France et des chanteurs qui concourent. La France n'a pas remporté la compétition depuis 1977 et il faut avouer que les performances artistiques françaises vont de mal en pis. A croire que la France ne souhaite pas remporter la victoire pour éviter d'organiser le show.

    Plus d'informations sur www.eurovision.tv



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