1) De quelle manière envisagez-vous d’associer les Jeunes Européens à la prise de décision ? Pensez-vous qu’il serait judicieux d’engager une réforme statutaire afin d’augmenter notre représentativité ?
Depuis 7 ans, je consacre une grande partie de mon temps à faire la pédagogie de l’Europe, de ses institutions, des ses valeurs, devant les élèves de Collèges, lycées, Facultés ou grandes écoles. C’est dire si je mise beaucoup sur la « jeunesse en mouvement », pour fortifier l’idée européenne. S’agissant du ME-F j’ai écrit dès le départ que les jeunes doivent trouver à tous les niveaux des instances dirigeantes, une place proportionnelle au poids de leurs militants : un tiers. Je souhaite par ailleurs élaborer des initiatives de terrain qui visualisent le dynamisme des jeunes dans le Mouvement européen. Pour ce faire, ils doivent être à la fois plus étroitement liés au fonctionnement du ME-F mais conserver une totale autonomie y compris financière.
2) Quelles synergies pouvons-nous mettre en place pour limiter les dépenses, pour renforcer les partenariats existants et pour trouver de nouveaux partenariats ? Auprès de qui selon vous ? Concrètement, comment cela se mettrait-il en place ?
Le rétablissement des finances du ME-F dépend d’abord de deux paramètres de base : restaurer et développer la notoriété du Mouvement, professionnaliser le financement privé par « fund raising », métier qui doit se substituer au « porte à porte ». La maigre visibilité médiatique du ME-F, sa très faible existence évènementielle et le caractère inaudible dans l’opinion de son corpus d’idées pourtant riche, n’attirent pas le regard des investisseurs privés. Concernant les fonds publics, il faut essayer de les accroitre mais n’en attendons pas une très grande aisance financière. Le moment est donc venu de rentrer dans un partenariat privé qu’il faut organiser à l’aide d’outils professionnels. Cette action sera placée sous l’action d’un(e) vice - Président(e). Si je suis élu, je lui apporterai à l’extérieur du Mouvement, tout le poids et la considération dont je bénéficie. Nous disposerons du travail d’une agence de « fund raising », et nous créerons une Fondation affiliée au ME-F, placée sous l’autorité de la Fondation de France afin d’éviter toutes ambigüités. Mais pour que les entreprises donnent, il faut qu’elles y trouvent un avantage. Nous devons donc reprendre en les thématisant les petits-déjeuners ou dîners débats autour de grands orateurs européens, qui apportent un plus aux préoccupations des grandes entreprises françaises. Mais je souhaite aussi créer une autre formule que je détaillerai dans quelques semaines. Pour être clair, les pouvoirs publics m’ont garanti qu’ils maintiendraient voir amplifieraient leurs efforts. Côté privé, je dispose de l’accord de 3 entreprises pour aider financièrement notre Mouvement.
3) Que comptez-vous faire en ce sens en 2012 et comment souhaitez-vous y associer les Jeunes Européens ? De plus, de quelle manière souhaitez-vous préparer les élections de 2014 pour contribuer dès maintenant à faire remonter le taux de participation ?
Ayant une longue expérience pour rassembler ceux qui produisent des idées, ayant une grande pratique pour organiser les débats, je ne laisserai pas passer 2012 sans faire du ME-F le lieu où les futurs Gouvernants du pays viendront s’inspirer et même s’engager en faveur du fédéralisme européen dont nous avons besoin. Je m’engage clairement à associer les jeunes à cette construction, ainsi qu’aux actions futures. Concernant les élections européennes de 2014, je souhaite construire un plan pour travailler étroitement avec les jeunes, en France, mais aussi avec le ME-I et les JE-I.
4) Quelles actions peuvent être mises en place au niveau national comme au niveau local pour intégrer les Jeunes Européens-France au sein des sections du ME-F ?
Un rapprochement clair entre les Jeunes et les sections doit être encouragé et organisé. J’inciterai les sections, dans le respect de leur indépendance, à confier des responsabilités actives aux jeunes et à travailler sur le terrain de façon étroite.
5) Quelle est votre stratégie pour renouveler les adhérents et rajeunir le ME-F ?
Le ME-F souffre de plusieurs difficultés : fidéliser ses adhérents, en conquérir de nouveaux, et naturellement nourrir le débat européen sur la place publique. Je veux associer à la tribune des débats, les responsables de notre Mouvement par compétences selon les dossiers, de façon à montrer le lien intergénérationnel au sein du Mouvement. Je veillerai à demander à ces pôles de compétences du JE-F d’aller représenter le Mouvement dans des débats médiatiques, et nous aurons à réfléchir sur la façon d’aider à la publication de tribunes venant de votre organisation. Par ailleurs, tout nouvel adhérent au JE-F ou au ME-F recevra avec sa carte annuelle une lettre personnalisée à la signature des deux Présidents.
6) Quelle est votre vision et les projets que vous défendez pour le ME-F au sein du MEI ? Envisagez-vous des relations avec l’UEF ?
J’ai déjà engagé des conversations dans ce sens avec le futur Président du ME-I qui n’est autre que mon ami et collègue Jo Leinen. Nous envisageons une forte représentation aux bénéfices de nos instances dirigeantes et une forte présence dans nos manifestations ponctuelles. Par ailleurs il faut confier cette action internationale à un(e) Vice-Président(e), dont l’équipe adjointe comportera un représentant du JE-F. Nous avons beaucoup à apprendre du ME-I, de l’UEF, de relations bilatérales avec les autres Mouvements de nos partenaires européens afin de donner une physionomie concrète au fédéralisme qui nous inspire.
7) Comment comptez-vous concilier votre nouvelle fonction avec vos activités professionnelles et politiques ? Comment comptez-vous médiatiser le ME-F tout au long de votre mandat ?
S’agissant d’appartenance politique (chaque candidat en a une), je veillerai strictement à ce que les familles de pensées soient respectées pour ce qu’elles apportent au projet de construction à une Europe fédérale. Par ailleurs, la fonction de Député est un plus considérable pour certaines des actions que nous voulons entreprendre parce qu’elle rapproche le ME-F, les JE-F et les institutions européennes. Ayant dirigé ou présidé de grandes entreprises publiques (France 2, France 3, France 5 que j’ai créée, Radio-France), j’ai l’habitude de construire des équipes et de les valoriser pour en tirer un succès commun. Je repartirai donc l’essentiel de mon temps entres ces deux fonctions pivot : le Parlement et le ME-F à raison d’au moins deux jours et demi par semaine.