Les Jeunes Européens France

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Jean-Luc SAURON

samedi 26 novembre 2011, par Stéphanie Khoury


1) Les Jeunes Européens représentent près de 30% des adhérents du ME-F, cependant notre représentation au sein du Conseil national est extrêmement limitée, de quelle manière envisagez vous d’associer les Jeunes Européens-France à la prise de décision ? Pensez-vous qu’il serait judicieux d’engager une réforme statutaire afin d’augmenter notre représentativité ? Les JE-France ont une politique volontariste de développement de leurs sections locales. Il est clair que la création de nouvelles sections et l’expansion des sections existantes pourraient être facilitées par une collaboration étroite avec les sections ME-F. Quelles actions peuvent être mises en place au niveau national comme au niveau local pour intégrer les Jeunes Européens-France au sein des sections du ME-F ?

Je crois qu’il faut différencier le statutaire et la réalité de l’engagement. J’ai pris l’engagement dans ma troisième communication de réserver un poste à un membre des JEF au sein du bureau exécutif. J’ai mentionné, dans ma deuxième communication, le projet d’un groupe de travail MEF/JEF sur une amélioration de notre collaboration, devant rendre ses conclusions en mars 2012. Cette démarche collective permettra de déterminer les modalités d’un travail coordonné efficace dans le contexte stratégique des élections présidentielles. Nos deux organisations devront ensuite faire valider ces modifications statutaires réciproques. Je vous propose de désigner dès le lendemain de mon élection le 3 décembre prochain une commission paritaire MEF/JEF pour aider les sections du MEF et du JEF à monter des activités communes, par la diffusion auprès des sections MEF des projets types d’activités communes. La représentation statutaire des JEF au sein des sections MEF sera précédée par une mobilisation efficace des uns et des autres. Les JEF sont fondamentaux pour l’avenir du MEF. Je renvoie au « chantier jeunes » que j’ai proposé dans ma deuxième communication. Un point régulier sur l’état de l’amélioration de l’association et de la représentativité des JEF pourrait être inscrit à l’ordre du jour du conseil national.

2) La situation financière des Jeunes Européens-France et celle du Mouvement Européen-France sont actuellement très préoccupantes, quelles synergies pouvons-nous mettre en place pour limiter les dépenses, pour renforcer les partenariats existants et pour trouver de nouveaux partenariats ? Auprès de qui selon vous ? Concrètement, comment cela se mettrait-il en place ?

Nos situations financières sont en effet très préoccupantes. Lors du Conseil national de mars 2011, le président Christian Philip avait indiqué que le MEF devrait faire face à un trou de 100.000 euros et a appelé à la mobilisation de chacun pour faire face à cette question. Il a réitéré cette mention dans sa lettre de démission du 1er septembre dernier. Il n’a reçu aucune offre de service de la part d’un membre du conseil national du MEF pour l’aider à faire face à ces difficultés financières. Depuis, la situation s’est aggravée et nous terminerons l’année avec un déficit de l’ordre de 130.000 euros. Que faire face à cette menace financière sur nos activités ? Je me suis mobilisé dans trois directions. La piste « financements publics » a été stabilisé. Nous avons reçu l’assurance du maintien au niveau de l’année dernière de la subvention ministérielle. Dans le contexte actuel de restriction budgétaire, c’est inespéré ! J’ai mis l’accent vers les financements privés. Je suis en train de faire le tour de nos partenaires existants et en contacte de nouveau. Ceci nous imposera à l’avenir des activités en relation avec lesdites entreprises : thèmes économiques, thèmes sociétaux (environnement, régulation, droit des consommateurs). Ma casquette universitaire m’aide dans ces démarches en crédibilisant des projets de journées ou séminaires d’informations sur les thématiques déjà mentionnées. Enfin, j’ai engagé la procédure de reconnaissance d’utilité publique qui nous aidera à obtenir des financements privés par le biais de l’allègement fiscal attendu. Au-delà de ces démarches, j’ai quatre solutions nouvelles à lancer pour 2012 : une campagne d’adhésion massive pour augmenter le nombre de nos adhérents. Cette augmentation de nos troupes renforcera notre capacité de négociation tant vis-à-vis des autorités publiques que à l’égard de nos partenaires privés. une mobilisation des sections qui devront trouver auprès de leurs autorités ou entreprises privées les moyens d’autofinancer les opérations menées sur leur territoire. Le national aidera aux démarches et participera à la formation des « négociateurs locaux ». une augmentation souhaitable du montant des cotisations. La question doit être débattue et recevoir une réponse la plus équilibrée possible entre les nécessaires moyens à donner au MEF et les coûts déjà supportés par nos adhérents. la soumission à des marchés de service (montage d’expositions ou d’évènements) pour le compte de collectivités publiques nationales ou européennes, marchés rémunérés mais lourds à organiser. Quoiqu’il en soit, il s’agit d’un travail de fond qui ne connaitra pas de solution miracle ou rapide. Concernant les relations MEF/JEF, je crois que quelques règles de bon sens peuvent conditionner nos relations : une bonne circulation des informations et des bonnes pratiques relatives à la recherche de financements ; une répartition des partenaires privés à contacter pour ne pas « se marcher sur les pieds » ; le montage d’opérations combinées où l’association du MEF et des JEF permettrait de remporter les marchés ou convaincre de nouveaux partenaires privés.

3) L’année électorale promet d’être chargée, il est plus que jamais temps de faire parler d’Europe et en particulier d’Europe fédérale. Ce thème devra être porté par le Mouvement dans son ensemble au sein du débat public. Que comptez-vous faire en ce sens en 2012 et comment souhaitez-vous y associer les Jeunes Européens ? De plus, de quelle manière souhaitez-vous préparer les élections de 2014 pour contribuer dès maintenant à faire remonter le taux de participation ? 7) Les Jeunes Européens-France attachent beaucoup d’importance à la représentation extérieure, à la présence, à l’écoute quotidienne du président du ME-F. Comment comptez-vous concilier votre nouvelle fonction avec vos activités professionnelles et politiques ? Comment comptez-vous médiatiser le ME-F tout au long de votre mandat ?

Je concilie déjà depuis août dernier mes activités professionnelles et associatives. J’ai organisé l’année (septembre 2011-juin 2012) pour dégager un maximum de temps disponible durant le 1er semestre 2012, qui sera crucial pour notre visibilité dans un contexte où notre engagement pro-européen trouvera fortement à s’employer ! J’ai conscience de la réalité de la disponibilité nécessaire : j’ai un ou deux rendez-vous pour le compte du MEF par semaine et doit trancher et régler des questions relatives au fonctionnement de notre Mouvement un jour sur deux. Le nécessaire travail de communication est proportionnellement très réduit par rapport à tout le travail à mener quotidiennement. Nos partenaires privés ne nous demandent pas de la communication, ils nous attendent sur le terrain de la fiabilité de nos engagements quant aux activités projetées en commun. Je publie au début décembre prochain un essai ("L’Europe est-elle toujours une bonne idée ?"), où je développe les raisons et les modalités devant mener aux Etats-Unis d’Europe. Je travaille et je publie depuis une quinzaine d’années des ouvrages sur le thème de l’Union européenne. J’ai acquis une compétence technique qui me permet d’être un interlocuteur régulier et reconnu tant des milieux politiques (notamment des commissions aux affaires européennes de l’Assemblée nationale et du Sénat) ou médiatiques (presses écrite, télévisuelle et radiophonique). J’ai clairement des convictions sociales démocrates comme je l’avais déjà indiqué l’année dernière. Ces convictions me confortent dans mon attachement au fédéralisme comme solution d’avenir pour l’Europe. Mais je n’ai ni carte ni fonction au sein d’un parti politique. Je pense qu’il est contraire au caractère trans-partisan du MEF d’exercer une fonction politique qui marquerait ou risquerait de marquer politiquement le Mouvement. Dans la perspective des élections européennes de 2014, je renvoie à l’organisation de réunions au sein des euro-circonscriptions d’ici ces élections et à la rédaction d’un questionnaire aux parlementaires européens sur leurs activités et le bilan de leur mandat mentionnées dans troisième communication. Ces réunions devront permettre de souligner l’insuffisante représentation des jeunes et des femmes dans les listes européennes.

5) De la même manière, les Jeunes Européens-France et le Mouvement Européen-France ont du mal à garder et à faire adhérer de jeunes actifs et des personnes ayant entre 30 et 50 ans. Quelle est votre stratégie pour renouveler les adhérents et rajeunir le ME-F ?

En terme d’adhérents, le Mouvement européen France est très en retard par rapport nos partenaires comme par exemple le Mouvement européen Allemagne (20.000 adhérents (sans compter les JE)+ 220 associations membres) ou le Mouvement européen Norvège (6000 adhérents). Je suis décidé à lancer une grande campagne d’adhésions à compter de janvier 2012 profitant de l’attention portée aux questions européennes par nos concitoyens au travers de la crise de la zone euro. Une campagne similaire devrait être pilotée par les JEF à destination des facultés et des lycées. Le Mouvement européen France perd beaucoup de ses jeunes adhérents au début de la trentaine lorsque les contraintes professionnelles (lancement d’une carrière) ou familiales (installation, enfants) rendent plus difficiles les activités militantes. Au-delà des chantiers proposés dans ma deuxième communication et qui visent à parler à nos concitoyens de ce qui les intéressent (Europe et droits sociaux, Europe et droits des femmes, etc.), je crois nécessaire de réfléchir aux moyens visant à garder le contact avec cette classe d’âge stratégique (les 35-50 ans). Je n’ai pas de solution miracle pour une difficulté rencontrée par toutes les associations dans lesquelles je travaille. Mais, je pense qu’il convient d’utiliser les outils de communication sociaux pour ne pas perdre la trace de nos adhérents. Une expérience-pilote est mené à Paris-Sud par Jean-Claude Houdoin en relation avec les JEF de sa section. Il s’agit d’inscrire le MEF dans un réseau professionnel internet (en l’occurrence Linkeldin). Par ce biais, les contacts ne seront pas coupés : s’agissant d’un réseau professionnel, les données personnelles (adresse mail notamment) sont régulièrement mises à jour par les intéressés. Le MEF pourraient garder le contact et informer ses « anciens » adhérents afin qu’ils restent adhérents, voire qu’ils donnent des coups de main ponctuels en fonction de leurs disponibilités. Si cette expérience marche, je proposerai de la généraliser à l’ensemble de nos sections.

6) Les JE-France souhaitent dans les deux prochaines années s’impliquer activement au sein de la JEF-Europe, leur niveau fédéral, et contribuer ainsi au rayonnement européen de notre association. Quelle est votre vision et les projets que vous défendez pour le ME-F au sein du MEI ? Envisagez-vous des relations avec l’UEF ?

J’ai déjà défendu, lors de la campagne pour la présidence du MEF en mai 2010, l’idée que notre Mouvement devait davantage s’impliquer, au-delà de nos représentants, dans les activités du MEI. Accroître la visibilité de l’appartenance du MEF au MEI permettra notamment de participer à l’affirmation d’une citoyenneté européenne. Cette démarche facilitera l’émergence de problématiques communes à plusieurs peuples européens par exemple en organisant grâce au réseau du MEI le lancement d’initiatives citoyennes européennes. L’Europe se vit en priorité par le contact avec d’autres Européens. Sur les relations avec les militants de l’UEF, j’ai mentionné comme un de mes quatre chantiers la nécessité de lancer des débats sur le fédéralisme auprès de nos concitoyens. Ce chantier concerne toutes les associations nationales membres particulièrement actives sur ce terrain : l’Union pour l’Europe Fédérale (UEF), mais aussi l’Action fédéraliste socialisme et liberté, le Mouvement fédéraliste français « la Fédération », etc. Plus que des rapprochements d’appareils entre militants convaincus de la cause fédérale, il me paraît important de porter la « parole fédérale » auprès des Français, peu familiarisés à cette problématique compte tenu de la structure politique et administrative de la France. Je pense que les JEF ont un rôle clé en la matière au travers de l’action « l’Europe à l’école » pour familiariser les scolaires sur ces notions. Il faudrait sur l’Europe et sur le fédéralisme entreprendre une démarche inspirée de celle que les écologistes ont menée auprès des enfants des écoles. Les Européens de demain se trouvent là.


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